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Un an plus tard... les mêmes au mêmes endroits... sauf Jérémy Buan !

jeudi 28 février 2013

SUD PTT 35

Le 29 février 2012, un postier, Jérémy Buan, se jetait du haut du bâtiment rue du pré Botté à Rennes et se tuait. La lettre de 40 lignes qu’il a écrit avant de se défenestrer ne laissait place à aucun doute. La cause de son suicide était d’ordre professionnel. Et seulement professionnel.

C’est bien ce qui dérange les dirigeants de La Poste au plus haut niveau..Dans un communiqué diffusé quelques jours plus tard, Jacques Meslin, directeur de la DOTC (Directeur opérationnel territorial courrier de Haute Bretagne) promettait le 5 mars 2012 : « J’ai également proposé à la compagne de Jérémy de la recevoir à sa convenance. Au nom de tous les postiers de la direction du Courrier Haute Bretagne je lui présenterai toutes nos condoléances et lui ferai part de toute notre solidarité face à la douleur et la souffrance que sa famille vit. Je rappelle à chacun qu’une triple enquête va être menée : celle de la police judiciaire, celle de l’Inspection du Travail et celle des membres du CHSCT. Les conclusions de ces différentes enquêtes permettront de faire toute la lumière sur cet événement tragique. »
Pourtant, depuis un an la direction de La Poste a tenté par tous les moyens de masquer son évidente responsabilité et de bloquer toute tentative de « faire toute la lumière » sur ce suicide. Dans une lettre ouverte adressée à J. P Bailly et publiée sur un blog (Télévente), la compagne de M. Buan écrivait le 14 septembre 2012 :
«  Un grand dialogue, une discussion libre et apaisée ?
Expliquez moi pourquoi des personnes proches du quotidien de jérémy retirent aujourd’hui leurs déclarations alors que nous étions sur le point grâce à ses témoignages clés, de porter différentes accusations à l’encontre des personnes responsables de cette tragédie ?
N’y aurait-il pas un climat peu anodin à la discussion ? Les mêmes managers toujours en place, produisent les mêmes dégâts et je peux comprendre que certains aient peur de devoir les affronter dans une procédure judiciaire tout en les ayant en N+1 ou N+2 le lendemain de retour à leur poste… Est ce bien privilégier le dialogue que de maintenir cette pression muette ?
Je vous demande toute votre attention quant à cette dernière question : comment les personnes qui ont oppressé Jérémy peuvent-elles être toujours en poste et influer encore sur le comportement de certains agents ?
 »

Ceci se passe de commentaires… Après avoir fait sa propre enquête en s’appuyant sur son réseau d’adhérents et de sympathisants, le syndicat Sud-PTT d’Ille et Vilaine avait déterminé les responsabilités (journal « la Brette » / février 2012) d’au moins trois « managers » : le directeur de la DOTC de haute Bretagne, le directeur du groupement et le directeur du CTED. Nous confirmons qu’ils sont toujours en place et certains ont même eu de la promotion…
Loin d’œuvrer pour « faire toute la lumière », la direction de La Poste a bloqué l’enquête « bi-partite » du CHS-CT de la DOTC de Haute Bretagne en multipliant les pressions sur les agents et sur les représentants du personnel. Le rapport de l’enquête « contradictoire » du CHS-CT dit ainsi tout et son contraire ce qui a obligé les représentants de SUD à se désolidariser totalement de ses conclusions et à faire appel à un cabinet d’expertise indépendant (technologia). Par contre, le rapport objectif de l’inspection du travail a été remis aux autorités judiciaires. Un procès devrait donc avoir lieu suite à l’enquête judiciaire.
Et pendant ce temps… Après le suicide, les patrons de La Poste ont mené immédiatement une opération coûteuse de « communication ». Il y a eu d’abord le « grandialogue » et ensuite la signature d’un accord « qualité de vie au travail ». Ces deux opérations de « com » ont été faites pour redorer à l’extérieur comme à l’intérieur l’image de La Poste que ce suicide avait « terni ».
Mais rien n’a changé fondamentalement : La multiplication des réorganisations pour 2013 et des pressions managériales qui en découlent créent un mauvais climat social. Les méthodes managériales (Lean-management ou « Elan ») qui sont aujourd’hui employées, aggravent les risques psychosociaux.
A la fin de l’année 2012, nous avons noté une explosion des signalements par fiche du CHS-CT de « dangers graves » mettant en cause les conditions de travail et les rapports hiérarchiques dans de nombreux établissements : Messac, Fougères, Argentré, Janzé, Plouaret, DCB, PIC de Rennes Armorique, Plate forme de la Mézières, etc… La liste des établissements dans lesquels Sud est intervenu parce qu’il y avait des risques pour les agents est longue… Paradoxalement, nos interventions parfois musclées ont certainement permis d’éviter d’autres suicides. Mais pour SUD, notre objectif n’est pas d’en rester à un constat, mais d’arrêter cette spirale.
Et pour SUD, l’action collective est la meilleure réponse.

Rennes le 28 février 2013

http://sudptt35.pagesperso-orange.f...

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