Accueil du site > Syndicalisme / Luttes > Archives CPE > Troisième journée de manifestations anti-CPE prévue le 18 mars

Troisième journée de manifestations anti-CPE prévue le 18 mars

vendredi 10 mars 2006

par Dominique Rodriguez

PARIS (Reuters) - Une troisième journée nationale de manifestations sera organisée samedi 18 mars pour réclamer le retrait du contrat première embauche (CPE), annoncent les syndicats de salariés et les principales organisations étudiantes et lycéennes.

L’intersyndicale, réunie au siège parisien de la CFDT, a également décidé de soutenir la journée d’action des lycéens et des étudiants déjà programmée le 16 mars.

Tous ont convenu de « rester en contact permanent » et de se retrouver au soir du 18 mars pour envisager la suite de leur mobilisation.

« Le gouvernement s’obstine. Les organisations syndicales de salariés, étudiantes et lycéennes unanimes, lui répondent avec force en décidant d’une nouvelle étape de mobilisation qui sera, que le gouvernement n’en doute pas, encore plus forte que la précédente », affirment les organisations syndicales CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC, FSU, Unsa et Solidaires, ainsi que l’Unef, la Confédération étudiante, l’UNL (Union nationale lycéenne) et la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne).

Les signataires « réaffirment leur volonté d’obtenir le retrait du CPE porteur de précarité, discriminatoire pour la jeunesse et, donc, pénalisant pour l’avenir de la société ». Ils « appellent les salariés et les jeunes à s’engager plus fortement dans la bataille contre le CPE ».

Après avoir réussi à doubler le nombre des manifestants entre le 7 février et le 7 mars, le front syndical et étudiant contre le CPE est conforté par la grève qui fait tache d’huile dans les universités et par le doute qui s’insinue dans les rangs de la majorité parlementaire.

En position de force pour le moment, alors que près de la moitié des universités sont désormais touchées par la contestation, il espère qu’une forte mobilisation un samedi, au-delà des rangs traditionnels des militants politiques et syndicaux, démontrera que l’hostilité au CPE a pris la dimension d’une question de société sur l’avenir de la jeunesse et, au-delà, sur l’avenir du salariat en France.

Les syndicats, dont le seul mot d’ordre reste le retrait du CPE, se voient contraints à la surenchère face à la fermeté que le chef du gouvernement continue d’afficher.

Quelques heure après l’adoption définitive du dispositif par le Parlement, Dominique de Villepin a confirmé jeudi au Sénat que le CPE serait appliqué « dans les prochaines semaines ».

Le Premier ministre a ajouté qu’il ferait « dans les tout prochains jours » des propositions pour « enrichir le parcours d’embauche » des jeunes.

Pris en défaut de dialogue social depuis son arrivée à Matignon en juin, le chef du gouvernement pourrait faire amende honorable à cette occasion.

« LA MACHINE EST EN MARCHE »

Des rencontres bilatérales sur le « parcours professionnel » ont été prévues au ministère de l’Emploi, sans qu’un calendrier soit toutefois annoncé.

Officiellement, les ministres Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher doivent consulter syndicats et patronat sur la troisième phase du « plan pour l’emploi », dont la réforme du contrat de travail et de nouveaux assouplissements des 35 heures.

Les organisations syndicales n’ont pas adopté de position commune sur ce point jeudi soir, mais toutes semblaient prêtes à faire du retrait du CPE un préalable aux discussions.

« La machine est en marche et nous sommes prêts à aller à la confrontation », a commenté Gabrielle Simon, secrétaire nationale de la CFTC chargée des questions d’emploi.

« Nous avons demandé au gouvernement de surseoir au CPE », a-t-elle souligné. « Notre objectif, c’est qu’on abandonne l’absence de motivation du licenciement » permise pour le CPE, mais aussi pour le contrat nouvelles embauches (CNE) qui lui a servi de modèle.

Le CNE, pour les petites entreprises, et le CPE, pour les moins de 26 ans, est un contrat de travail dérogatoire assorti d’une période d’essai de deux ans pendant laquelle l’employeur peut licencier son salarié sans justification.

L’Unsa a, sans succès, proposé que les dirigeants syndicaux aillent ensemble rencontrer le Premier ministre sur le seul problème du CPE.

« Pour sortir dignement du conflit », la CFTC a de son côté proposé que les partenaires sociaux et le gouvernement « se retrouvent autour de la table des négociations (pour discuter des) emplois précaires, y compris les contrats jeunes ».

« Nous ne pensons pas que le fait d’aller voir Mr de Villepin change quelque chose sur le CPE. Je crois que notre mobilisation le 18 mars aura plus d’effet », a répondu Rémi Jouan, secrétaire national de la CFDT chargé de questions d’emploi.

Les uns et les autres sont en fait contraints de naviguer à vue face au risque d’« essoufflement » d’un mouvement qu’ils qualifient volontiers d’ « atypique ». Ils remarquent notamment que de nouvelles vacances scolaires commenceront le 8 avril.

Des doutes émergent aussi sur la capacité des étudiants à faire durer le mouvement de grève dans les universités, alors que la mobilisation s’avère très variable selon les établissements.

L’Unef, principal syndicat étudiant, revendiquait jeudi 40 universités en grève totale ou partielle, sur 84 au total. Le ministère de l’Education en dénombrait 20 « partiellement perturbées » et onze en grève.

Proposer un complément d'infos

Par défaut, SPIP notre CMS est respectueux de la vie privée de ses visiteurs et ne pose pas de cookies de traçages ou publicitaires. Suivre la vie du site RSS 2.0