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Texte adressé à Philippe Martinez

mercredi 1er juin 2016

A l’adresse de M. Martinez

Nous, étudiant-e-s, précaires, intermittent-e-s, syndicalistes, membres de collectifs divers réunis au sein de l’AG Interpro, nous luttons ensemble depuis maintenant plusieurs mois contre la Loi travail et le projet politique plus vaste encore, dont cette réforme n’est qu’une partie. Ce projet politique porte la destruction des conditions de vie et de travail de millions de personnes dans ce seul pays. Ce projet politique, nous le combattons ensemble dans ce mouvement social et c’est ce qui fait notre force ! Le pouvoir nous veut séparé-e-s, chacun de son côté, étudiant-e-s dans les universités, lycéen-e-s dans les lycées, chômeurs et chômeuses dans les pôle-emplois, salarié-e-s dans les entreprises, etc. Nous nous sommes rencontré-e-s. Et nous nous sommes réuni-e-s au sein de l’AG interpro. Nous avons participé aux intersyndicales ensemble. Nous avons occupé la Maison du Peuple. Nous avons fait des blocages économiques. Ce que nous savons, c’est que ces rencontres nombreuses ouvrent de nouveaux horizons de lutte et de vie. Nous l’avons appris ensemble sur les piquets de grève que l’on soit militant-e-s syndical de la CGT, de FO, du SLB, de la CNT, de Solidaires ou que l’on soit membres de la Coordination des Intermittents et Précaires, RSAstes, étudiant-e-s à Rennes 2, lycéen-ne- s, précaires dans l’éducation nationale,. Le pouvoir nous veut séparé-e-s ? Nous créons des espaces où cette rencontre est possible. Nous décidons collectivement des moyens de notre lutte et des ambitions que nous nous donnons.

C’est pourquoi nous aimerions, M. Martinez, que vous réitériez un soutien public à l’occupation de la Maison du Peuple qui vient à nouveau d’être expulsée. Ce lieu hautement symbolique du mouvement ouvrier et syndical doit rester au peuple ! Et à tous ceux qui luttent dans ce mouvement social qui s’est construit, ici, autour de l’idée de composition et de dialogue entre l’intersyndicale départementale et une assemblée interprofessionnelle. La maison de peuple doit retrouver l’esprit de ses origines entre lieu d’organisation politique, éducation populaire et bourse du travail. L’ennemi nous veut amnésiques et craintifs, retrouvons le sens de l’Histoire et soyons combatifs.

Nous voulons aussi vous dire comment le mouvement social, ici à Rennes, est criminalisé. Nombreux sont nos camarades blessé-e-s par des flics de la BAC, des syndicalistes condamné-e-s sur des faux-témoignages, un étudiant a même perdu un œil, tiré au flash-ball. Nombreux sont nos camarades incarcéré-e-s. Ceux qui luttent et résistent, encore une fois, et ce n’est pas nouveau dans l’histoire, sont criminalisé-e-s. Cette opération médiatique et policière, nous la subissons ensemble.

Nous voudrions aussi connaître votre position, M. Martinez, sur le fait qu’une centrale syndicale abandonne l’exigence du retrait de la loi travail et entreprenne des négociations avec le gouvernement sur l’article 2 de la loi.

Pour finir, ne pensez-vous pas qu’il faudrait accélérer le rythme des mobilisations, notamment au niveau national, qui paraissent souvent très éloignées ? Nous pensons qu’il est important au niveau local de maintenir un rythme plus soutenu d’appels à la grève et aux mobilisations. Pour nous, il est clair que la lutte doit continuer et s’intensifier ! C’est comme ça que nous mettrons à genoux ce gouvernement !

L’Assemblée Générale Interprofessionnelle de Rennes, le 31 mai 2016

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