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Sur l’avenir et la situation réelle de la SNCF. ON VOUS MENT !

vendredi 18 novembre 2005

CHEMINOT(E)S Sur l’avenir et la situation réelle de la SNCF ON VOUS MENT !

A la lecture des innombrables publications de la SNCF, des écrits du Ministère des Transports et en prenant connaissance des travaux de la convention de Zurich des 13-14 et 15 octobre 2005 qui a réuni 600 dirigeants de la SNCF :

Tout va bien et ça ira encore mieux demain nous assènent et nous promettent les premiers dirigeants de l’entreprise !

Face à ce surcroît de satisfecit et d’optimisme, chaque cheminot confronté aux dures réalités quotidiennes, se questionne légitimement sur les raisons d’une telle communication. Parle-t-on de la même entreprise, nos dirigeants sont-ils autistes et aveugles à ce point ou alors cela cache t-il quelque chose d’inavouable ! ?

Pourquoi un tel rideau de fumée ?

Cela ne fait aucun doute pour personne, la politique dogmatique du Gouvernement concoctée avec le MEDEF, menée de pair avec la libéralisation des Services Publics engagée par l’Union Européenne consiste à tout privatiser afin de répondre aux appétits financiers et aux intérêts privés.

Après les privatisations complètes ou partielles de France Télécom, Air France, SNECMA, les sociétés d’autoroutes, GDF, EDF, SNCM, RTM... la SNCF serait-elle épargnée ?

Arrêtons l’hypocrisie ! Le Gouvernement ne peut pas décider aujourd’hui frontalement la privatisation de la SNCF mais il ne reste pas inactif pour autant.

Pour preuve, le journal LA VIE DU RAIL dans plusieurs de ses éditions d’octobre 2005 avançait l’hypothèse sous cet angle, fournie par une fuite de Bercy, nous a-t-on dit : « Le Ministère Finances étudierait la privatisation progressive de la SNCF, en priorité les régions. La mise en concession d’une seule ligne TGV serait également examinée ».

Cette information n’a fait l’objet d’aucun démenti officiel de la part de la Direction SNCF ni du Gouvernement.

Dans son souci de ne pas éveiller les soupçons ni susciter des réactions, ce dernier tente actuellement de faire adopter en procédure d’urgence par l’Assemblée Nationale (débat et vote vers le 6 décembre 2005) une série de dispositions lourdes concernant le secteur ferroviaire noyées dans un projet de loi relatif « à la sécurité et aux développements des transports ».

Nous y trouvons entre autres la transposition des directives européennes avec la création de l’Agence Française de Sécurité Ferroviaire et l’ouverture (à la concurrence) du réseau ferré aux services de transport intérieur de fret à compter du 31 mars 2006, mettant ainsi fin au monopole de la SNCF.

Dilué dans ce projet de loi, le chapitre II (article 13) nous apprend que le Gouvernement décide de modifier la loi du 13 février 1997, pour permettre le recours aux financements privés dans la réalisation de nouvelles infrastructures ferroviaires.

Il est ainsi stipulé : « par ailleurs, même confiés à un tiers, les tâches d’entretien de maintenance, d’exploitation et de gestion des infrastructures et des installations concernés seront assurées au titre de l’article 1er ... »

Cela signifie clairement que la SNCF et les cheminots de l’INFRA seront mis en concurrence pour l’exécution de ces tâches !! Doit-on y voir un lien de causalité avec les préconisations de l’Audit qui vient d’être publié à propos de l’état du réseau ferré national ?

Cet audit qui pointe les responsabilités de l’Etat dans l’insuffisance de contributions publiques affectées à la mise à niveau du réseau propose (puisque l’Etat se désengage !) d’accroître la pression sur la productivité des cheminots, le démantèlement de 30 % des voies de service de triages et de gares et de renoncer à la modernisation de 11 000 kilomètres de lignes !

LA REELLE STRATEGIE DE LA SNCF

Prenant garde de ne pas pousser une réforme globale et frontale de l’Entreprise, la Direction de la SNCF s’évertue à modifier par touches successives et par restructuration interposées la conception et la nature même de notre Service Public. Pilotage et gestion par activités, organisation de l’entreprise en branches autonomes, éclatement des domaines Traction et Matériel, réorganisations tous azimuts comme le plan fret, les TIR, réduction des coûts de fonctionnement (suppressions massives d’emploi...) constituent les principaux leviers qu’actionne la Direction pour transformer en profondeur la SNCF en l’accompagnant d’un management fondé sur la culture du résultat économique.

Seule compte désormais la rentabilité financière quel qu’en soit le prix à payer pour les usagers et les cheminots.

De ce point de vue, l’intéressement devait être l’outil d’intégration (pour faire mieux avaler la pilule) des cheminots aux orientations et décisions de la Direction.

L’objectif, comme cela a été confirmé à la Convention de Zurich par les deux premiers dirigeants de la SNCF, étant de construire une autre entreprise. Casser les repères culturels du Service Public et faire que les jeunes cheminots ne « restent pas englués » dans le passé (dixit le Président Gallois !). Tel est le fil conducteur de l’action managériale.

Dans la perspective des discussions qui vont avoir lieu en 2006 pour le renouvellement des conventions TER, la SNCF tente et propose :

de confier la gestion des gares et boutiques au privé, aux régions d’abandonner pour leur politique tarifaire la « base kilométrique nationale », d’adosser à la branche du Transport Public les standards du marché (polyvalence, flexibilité, sédentarisation des ADC et ASCT, augmentation des amplitudes de travail, automatisation accrue de la vente des billets...).

Cela participe de cette politique libérale dans laquelle la Direction de la SNCF nous entraîne à marche forcée.

L’empilage des réorganisations successives imposées à tous les niveaux de l’entreprise relève de la stratégie de casse de l’unicité de la SNCF, de la division et de la mise en concurrence des cheminots entre eux.

En un an, la Direction de la SNCF a présenté au CCE, 12 projets de restructurations nationaux (PLI, CHEOPS, ...) qui ont été à la quasi unanimité tous rejetés par les élus du personnel mais néanmoins mis en œuvre par l’entreprise !

La remise en cause du caractère intégré (socialement, économiquement, techniquement...) de la SNCF, cache une privatisation rampante.

QUE DOIT-ON FAIRE ?

Depuis plusieurs mois, nous nous sommes mobilisés à diverses reprises en portant revendications et exigences auprès des Directions et du Gouvernement.

Force est de constater que nous avons été peu entendus. Pire, nous constatons l’accélération de mesures contestées par les cheminots.

La Fédération CGT des Cheminots considère qu’il est impératif de hausser le ton et le niveau des mobilisations.

Il faut arrêter la casse et imposer par l’action d’autres orientations en matière de service public, d’emploi, de salaires, de conditions de travail.

La CGT fait des propositions en ce sens aux autres Fédérations. __

Montreuil, le 2 Novembre 2005

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