Le peuple irakien vit depuis trois ans sous les conditions drastiques de l’occupation militaire. Environ 650 000 irakiens ont été tués des conséquences directes de l’occupation depuis la guerre de la coalition américano-britannique de mars 2003, la plupart des services de base (alimentation, logement, hôpitaux, écoles) sont entravés, 70% des travailleurs irakiens subissent le chômage. Quelques mois après avoir annoncé la fin de la guerre, l’administration Bush a du reconnaître qu’elle s’engageait dans une guerre longue. Pourtant, malgré tous les moyens déployés (quelques 150 000 militaires suréquipés, des rallonges budgétaires de milliards de dollars, le retour des pires méthodes de la guerre contre-insurrectionnelle) les forces d’occupation sont incapables de stabiliser en Irak un régime fidèle à leurs intérêts.
En octobre dernier, Bush admettait pour la première fois la comparaison avec la guerre du Vietnam. Déjà le mouvement international qui s’était développé pour empêcher la guerre - qui à culminé le 15 février 2003 avec 15 millions de manifestants sur tous les continents- avait contribué à isoler les Etats-Unis et leurs alliés. Une puissante résistance irakienne contre l’occupation lui a succédé. Celle-ci revêt différentes formes : de la résistance armée organisée par divers groupes de composition chiite ou sunnite (un rapport officiel de l’armée américaine admettait que 75% des attentats visent les troupes d’occupation), à des manifestations et des grèves de masse contre l’occupation. Cette résistance met en difficulté les troupes d’occupations à un tel point que le chef de l’armée britannique s’est affirmé publiquement pour un retrait rapide de l’Irak.
Les récits qui nous parviennent des médias dominant tendent à identifier la résistance au « terrorisme », à mettre en exergue les actes visant des civils et à ignorer des pans entiers de la résistance. En premier lieu celle du mouvement ouvrier, de la gauche syndicale et politique. En indépendance du principal syndicat du pouvoir (l’IFTU, subventionné par le gouvernement pro-américain) se sont développés des mouvements indépendants de travailleurs et de chômeurs. En juin dernier, les salariés des puits de pétrole de Bassora déclenchaient la grève, exigeant un logement pour tous, une augmentation des salaires, des emplois stables, la fin de la bureaucratie et de la corruption. D’autres secteurs sont entrés en lutte, comme les cimenteries de Suleimanieh, les salariés de la municipalité de Bagdad, les travailleurs de la raffinerie d’Al Dora, du gaz de Taji D’Al. Au mois d’août, la grève s’est étendue au port industriel de Bassora, principal lieu d’exportation du pétrole irakien.
On compte, parmi les organisations de résistance, la FWCUI (Fédération des conseils et syndicats ouvriers d’Irak), l’UUI (Union des chômeurs d’Irak), OWFI (Organisation pour la Liberté des femmes en Irak), l’IFC (Irak Freedom Congress). Les 6 et 7 septembre, aidés de l’armée irakienne, les forces américaines ont mis à sac les locaux de l’IFC (Irak Freedom Congress) pour son soutien inconditionnel à la grève. On ne peux que saluer le courage des syndicats indépendants irakiens qui combattent dans des conditions très difficiles contre les forces d’occupation ! Tisser des liens concrets de solidarité avec la résistance est crucial pour l’aider à vaincre dans sa lutte contre l’occupation et pour l’émancipation sociale en Irak.
REUNION PUBLIQUE SAMEDI 9 DECEMBRE, 20H
maison du champ de mars (place champ de Mars , métro Charles-de-Gaulle)
avec la venue de
MUYAD AHMED (de la Fédération des conseils et syndicats ouvriers en Irak)
HOUZAN MAHMOUD (de l’Organisation pour la liberté des femmes en Irak)
Agir Contre la Guerre - Rennes
En partenariat avec Agir pour l’Irak, Comité Rennais France palestine, des syndicalistes de la CGT.