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Saint-Yves, financement public de lieux de culte et drôle de député.

vendredi 24 mai 2013

par groupes libertaires R. Lochu (Vannes) et F. Ferrer (Lorient)

http://anars56.over-blog.org/

Ouest-France du 19 mai 2013 nous apprend :

"A l’issue de deux ans de travaux, l’église de Saint-Yves-des-Bretons de Rome a été rouverte à la faveur de la célébration du pardon de Saint-Yves, patron des Bretons et des hommes de loi." (...) Ont pris part à cette cérémonie "l’ambassadeur de France près du Saint-Siège, le recteur de l’église Saint-Yves-des-Bretons et Marc Le Fur, député des Côtes-d’Armor.« (...) »Les travaux ont été financés dans le cadre de la convention entre les Pieux Établissements et le ministère français de la Culture et de la Communication prévoyant un programme de restauration des cinq églises françaises de Rome. Le Conseil Régional de Bretagne, la Fondation du patrimoine et un donateur anonyme ont également apporté une importante contribution à la prise en charge du coût des travaux. L’église de Saint-Yves-des-Bretons fut attribuée par le Vatican, en 1513, à l’importante colonie bretonne vivant à Rome au XVe siècle (...)."

Si on peut imaginer que la colonie bretonne à Rome au XVe siècle était pieuse, force est de reconnaître que même en Bretagne la croyance en une divinité heureusement recule. Il semble que des élus (de droite et de gauche) oublient un peu la Loi dont ils sont censés être les garants : par exemple, celle de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, dont l’article 2 prévoit que « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte [...] ». Mais, prétextant soutenir la culture (ajoutons « de l’obscurantisme »), nos chers élus dilapident les deniers publics au profit d’une religion...

Penchons-nous un peu sur le cas de ce député UMP des Côtes d’Armor, Marc Le Fur qui était présent. Qu’il y aille en son nom propre cela le regarde, mais en tant que représentant du « peuple » d’une République encore (un peu) laïque, cela pose problème. Or c’est bien le député qui a fait le déplacement et a assisté à la cérémonie religieuse...

Il prétend beaucoup aimer la Bretagne et oeuvrer pour cette cause. En ce sens, il a déposé un amendement visant à sa réunification. Soit. Même si on s’en fout un peu, pourquoi pas ? Toujours est-il que s’il s’est déplacé à Rome pour la cérémonie religieuse à l’occasion du pardon de Saint-Yves, c’est sans doute en s’imaginant représentant des Bretons. Mais quels Bretons et quelles Bretonnes peut-il représenter ? Pour le comprendre, regardons une partie de ses actions des 3 dernières années. Début 2013, il a proposé d’autoriser la célébration de mariages religieux sans qu’ils soient précédés de mariages civils. Il participe également aux manifestations des opposant-e-s homophobes au mariage pour tous. Devant l’Assemblée nationale, lors d’une de ces manifestations réactionnaires, il a même fait un geste brusque et volontaire à l’encontre d’un gendarme projetant son calot à terre. Pas de poursuites judiciaires. Il a aussi participé à la bousculade violente à l’Assemblée nationale le 18 avril 2013 lors de la discussion de la Loi sur le mariage pour tous. A ce titre, il a juste eu un « rappel à l’ordre » (sans incidence financière) par ses pairs député-e-s, soit la plus petite sanction... On est magnanime dans le monde de l’élite. Bref, c’est un activiste pro-religieux qui nous prépare une Bretagne de curés.

Mais, il a d’autres cordes à son chapelet. En février 2011, il a dénoncé publiquement une « affiche anti bretonne ».

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Quelle était l’offense ? Il s’agissait de la campagne d’affichage de l’association écologiste France nature environnement (FNE) qui mettait à l’index l’élevage industriel à l’origine des algues vertes. Il ne fut pas le seul dans cette entreprise de déni, puisque le Conseil régional de Bretagne (à l’époque piloté par le très catholique (et PS) J-Y Le Drian, devenu depuis Ministre de la guerre) a porté plainte contre FNE avant de la retirer un peu plus tard, la veille du procès, devant les évidences.

Auparavant, notre bon député avait réussi à faire adopter en juin 2010 par le Parlement, un amendement permettant le relèvement des seuils d’autorisation pour les élevages porcins et de volailles. Il est ainsi devenu plus facile de créer ou d’accroître un élevage industriel... avec toutes les conséquences écologiques, sanitaires, sociales et de souffrances animales que cela génère. Ce ne fut pas sans réaction : le 26 juin 2010, des militant-e-s écologistes ont déposé des algues vertes devant sa permanence de député, à Lamballe.

Ainsi, en plus de baigner dans l’eau bénite, la Bretagne du député Marc Le Fur sera verte... verte d’algues, mais aussi sombre pour ces millions d’animaux enfermés. Un amour étrange et envahissant, mais bien peu excitant, que ce député (agent de lobbies dont il partage la vision du monde) porte aux habitants et habitantes de ce coin de Terre.

De notre part, il n’y a pas réciprocité...

Source avec les liens indispensables :

http://anars56.over-blog.org/articl...

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