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Saint-Brieuc. Pas de job d’été pour les enfants de militants ?

jeudi 28 décembre 2006

La Poste . La directrice du centre de tri de Saint-Brieuc a été mise en examen pour avoir refusé d’embaucher huit enfants de militants.

La discrimination syndicale peut aussi s’exercer sur les enfants de militants. La directrice du centre de tri de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), où travaillent 210 agents, a été mise en examen en septembre, pour avoir « refusé d’embaucher dans le cadre de contrats saisonniers » huit enfants d’agents, « à raison de leur situation de famille ». En l’occurrence, parce que leurs parents étaient militants syndicaux ou associatifs. Chaque été, la « tradition » veut que cet établissement emploie les enfants d’agents majeurs et étudiants pour des contrats de trois semaines. Le nombre d’heures de travail à fournir est divisé par le nombre de demandes.

Huit dossiers recalés

Or, au printemps 2004, sur les 52 dossiers d’enfants d’agents postulants, la nouvelle directrice en recale huit, et pas n’importe lesquels. Selon SUD, il s’agit de la fille du secrétaire de la section SUD, premier syndicat du site, et de sept enfants d’animateurs de l’Association de solidarité et de défense des agents actifs et retraités des postiers des Côtes-d’Armor, une association locale active, en conflit récurrent avec la direction. Face au refus d’embauche, les syndicats CGT, CFDT et SUD réagissent et demandent une audience à la directrice, qui confirme sa décision. En août 2004, le syndicat et l’association portent plainte au pénal pour discrimination.

Deux ans plus tard, l’instruction débouche, le 6 septembre dernier, sur la mise en examen de la directrice du centre.

Dans la foulée, la direction régionale déclare son soutien à la cadre. « Nous avons même appris que La Poste avait donné une promotion à cette directrice, explique Alain Méheut, secrétaire départemental de SUD-PTT. Le personnel du centre de tri était écoeuré. Nous avons décidé de mettre l’histoire sur la place publique. »

Casser les résistances

Pour lui, cette affaire est à replacer dans le contexte de durcissement du management. « Avec l’ouverture à la concurrence, la direction veut transformer des agents formés au service public en commerciaux axés sur la rentabilité. Des consignes sont données au niveau national pour casser les résistances. »
Au centre de tri de Saint-Brieuc, la direction avait du grain à moudre puisqu’il s’agit « d’un des plus combatifs de France, avec des taux de grévistes allant jusqu’à 80 %, 90 % », explique Serge Le Queau, secrétaire de la section SUD du site. Il pense que la nouvelle direction avait été nommée pour « remettre de l’ordre », afin de mieux faire passer son projet de fermeture du site.
En effet, comme partout en France, la plupart des centres de tri bretons vont fermer dans le cadre de la centralisation du tri du courrier sur une plate-forme industrielle à Rennes, d’ici 2010-2012.

De son côté, La Poste prend acte de la mise en examen mais considère que « l’infraction n’est pas constituée », affirme Me Faure, l’avocat de La Poste qui considère qu’il n’y a aucune coïncidence entre les dossiers rejetés et le profil syndical des parents. « Cette directrice a préféré pour cet été-là ne pas faire appel seulement à des enfants de postiers, mais aussi à des salariés travaillant en CDD au cours de l’année », justifie-t-il.

Fanny Doumayrou

http://www.humanite.fr/journal/2006...

1 Message

  • Saint-Brieuc. Pas de job d’été pour les enfants de militants ? 30 décembre 2006 18:10, par Fille de postier

    Il me semble que la « situation de famille » invoquée n’a pas à voir avec le fait d’être militant ou non, mais plutôt avec la situation familiale propre du postulant. La Poste, à ma connaissance, donne toujours la priorité à l’embauche d’enfants de postiers en situation difficile (parents seuls, chômage du second parent, etc...), plutôt qu’à l’embauche extérieure. Elle donne également la priorité aux personnes déjà présentes dans l’entreprise, et qui s’en plaindrait ?
    J’attends donc de voir les conclusions de cette affaire quand à la motivation de ces refus, en gardant toutefois à l’esprit cette chose précieuse à tous qu’est la présomption d’innocence.

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