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Rennes, vivre sous surveillance

samedi 7 octobre 2017

Les caméras poussent comme des champignons cet automne à Rennes. Dans le métro, sur la route ou dans la rue, tous les prétextes sont bons pour fliquer un peu plus la population.

Sur la route

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Jeudi 5 octobre la gendarmerie a sorti les grands moyens pour traquer les consommateurs de produits stupéfiants, les voleurs de voitures et les sans-papiers : 380 agents répartis en Bretagne sur 8 points de contrôle dont un sur l’aire du Hill au sud de Rennes, avec vérification systématique de tous les véhicules. Pour se faciliter un peu le travail, les gendarmes avaient sorti leur LAPI (pour lecteur automatique de plaques d’immatriculation), caméra embarquer qui lit chaque plaque qui passe à sa porté et compare avec la base du fichier des véhicules recherchés ou signalés (ce qui inclut notamment les voitures des personnes fichées S pour leur engagement politique)

Dans le métro

Le même jour le STAR organisait une vaste opération anti-fraude sur ses lignes, histoires de mettre un peu la pression sur les sans-papiers (encore) et ces salauds de pauvres qui refusent de se soumettre aux contrôles de pôle-emploi pour mendier leur carte korrigo. La nouveauté, c’est que certains des contrôleurs (« volontaires ») étaient équipés de petites caméras portatives, en cas de « situation qui pourrait devenir dangereuse pour eux ». Évidemment c’est le contrôleur qui déclenche l’enregistrement quand ça l’arrange, il ne faudrait pas risquer de filmer un collègue en plein excès de zèle...

Dans la rue

Dans le même état d’esprit, la municipalité et son nouveau chevalier de la légion d’honneur (pour l’ensemble de son oeuvre) adjoint à la sécurité vont doter les flics municipaux du même gadget. Attention, le déploiement des mini-mouchards s’inscrit « dans le cadre d’une relation apaisée sur l’espace public », n’allez surtout pas imaginer que c’est « dans le cadre d’une relation de sujétion accrue aux forces de l’ordre ». On est de gauche à la mairie, et on rappelle volontiers qu’on a refusé d’équiper la police municipale en armement létal. Pensez-y quand un flic vous filmera en train de vous énerver après une pettie brimade hors caméra, pour pouvoir se faire un peu d’argent de poche avec un outrage : à la place de sa go-pro, il aurait pu avoir un revolver...

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Et en manif...

Et pour clore la série dignement, la même municipalité socialiste annonce ce vendredi 6 octobre le renforcement du système de vidéoprotection de la ville, avec 17 nouvelles caméras. Les dômes seront distribués entre le quartier de la gare, la dalle Kennedy, Maurepas, République et Saint-Anne (encore), la rue Le Bastard, l’hôtel de Ville et les Lices. Et puisqu’on ne cherche pas trop à cacher que parmi les populations ciblées par ce genre de dispositif figurent les manifestant-e-s des derniers cortèges rennais, 8 caméras mobiles seront acquises par la police municipale pour être installées sur le parcours des manifs...

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Pour rappel, on peut déjà prendre connaissance de l’emplacement des caméras existentes (et bientôt renseigner la localisation des nouvelles) sur le site https://rennes.sous-surveillance.net/

Source : https://expansive.info/Rennes-vivre...

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