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Projection du reportage Toxic Somalia, l’autre piraterie

mardi 8 octobre 2013

Jeudi 10 octobre 2013 à 20h30

Connaissez-vous le Puntland ? C’est une région de l’ex Somalie à l’extrémité de la corne de l’Afrique, indépendante de fait après l’éclatement de l’État post-colonial somalien en 1991. Exclus du « concert des nations » les habitants du Puntland sont, au fil de leurs vicissitudes, rarement mentionnés dans les médias occidentaux... A tel point que, lorsque le tsunami de décembre 2004, ravagea les côtes de la région et déposa sur ses plages des centaines de fûts de déchets toxiques, ladite « communauté internationale » ignora complètement la détresse de la population côtière. Il a fallut l’apparition, l’année suivante, d’une piraterie locale très active, pour que la presse occidentale s’intéresse à cette terre.

Or ces nouveaux flibustiers sont, à l’origine, des pêcheurs spoliés de leur gagne-pain, car l’éclatement de l’État somalien a attiré d’autres prédateurs, autrement redoutables : flottes de pêche usant de méthodes industrielles illicites, mafias sous-traitant le « stockage » des déchets toxiques de l’Occident en les immergeant dans l’océan, dégazages, etc...

Ainsi ceux que l’Occident aime à qualifier de « pirates », justifiant par ce vocable l’envoi toujours plus massif de flottes de guerre dans cette région où transite 90% du commerce maritime mondial, sont considérés par la population locale comme des gardes-côtes. La mer est « vide », la population souffre de maladies « mystérieuses », de déformations congénitales, personne d’autre ne peut les défendre contre ceux qui pillent et empoisonnent leurs ressources.

Du 14 au 18 octobre, se déroulera au parlement de Bretagne, à Rennes, le procès en assises de trois somaliens capturés par l’armée française lors du raid lancé contre la prise d’otage du voilier le Tanit en 2009, ils sont poursuivis pour « détournement de navire, séquestration et détention arbitraire en bande organisée ». Rappelons que lors de cette opération l’armée française a tué deux somaliens ainsi que le skipper lorientais Florent Lemaçon. Chloé Lemaçon, a du bataillé longtemps pour que l’armée reconnaisse sa responsabilité dans la mort de son mari.

Aujourd’hui il est possible de déporter des somaliens à mille lieues de chez eux, de les faire croupir en geôle des années, avant de les traduire en justice. Par contre les procédures entamées à l’encontre des responsables du trafic illégal de déchets toxiques et radioactifs vers les côtes désolées du Tiers-monde ont toujours été interrompues malgré des dossiers à charge très bien fournis. Que ce soit ici ou là-bas qui sont véritablement les « pirates » ?

Au Papier Timbré jeudi 10 octobre 2013 à 20h30 (39 rue d’Echange)

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