Pour une pleine intégration de la dimension écologique dans l’orientation
Orientation Ch 1 : développement social et environnemental
Le développement durable - DD - est une dimension du changement social, lequel s’entend ici au sens large (je n’emploie pas le néologisme "sociétal") en intégrant la dimension environnementale . Aujourd’hui un projet de transformation sociale qu’il soit syndical ou politique ne saurait faire l’impasse sur le défi écologique. En effet la crise écologique modifie, dans une mesure qu’on peine encore à voirpleinement, à la fois les conditions et le but de la lutte pour la libération sociale . La portée globale de la crise écologique en fait un des problèmes majeurs pour l’humanité. L’orientation d’ATTAC qui a déjà beaucoup avancé doit donc aller encore plus loin .
Dans la mesure ou ATTAC est aussi un mouvement d’émancipation (cf contribution sur http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=19670) alors il doit considérer désormais qu’aucune émancipation ne pourra se développer si la destruction écologique de la planète franchit un certain seuil. Cette dimension compléte et s’articule avec le sens classique de l’émancipation sociale car un combat écologique qui ignorerait la scission de la société en classes opposées ne pourrait réellement construire un "autre monde possible", un monde vivable et durable. La critique écologiste renforce effet la critique anticapitaliste.
Le système productif capitaliste ne produit pas n’importe quelles "richesses", il produit avant tout des marchandises . Il fonctionne sur la base généralisée de valeurd’échange et non sur des valeurs d’usage (comme les services publics) . Il ne peut maîtriser les conséquences écologiques du mode de production et de consommation sur lequel il repose : sans valeur monétaire assignable, la diversité écologique est ignorée et sans cesse attaquée par l’accumulation du capital. Il exploite les ressources sans se soucier de leur épuisement. Suscitant des besoins pour créer des marchés, il produit ce qu’il pense vendable sans se soucier de l’utilité sociale et écologique des productions : des OGM aux armes, ses forces productives peuvent semer le danger et la destruction pour augmenter les profits. Fondé sur l’appropriation privée généralisée, il transforme en marchandise des biens publics au prix du pillage écologique et de la ségrégation sociale. Après avoir ainsi utilisé l’eau sans payer ou presque, et l’avoir polluée à l’échelle planétaire, il entend maintenant tirer profit de cette ressource, contrôler sa dépollution et sa distribution, et arrondir ses rentes.
Christian Delarue
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