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Pour un appel interprofessionnel de Rennes 2 en 10 points, l’université de Rennes 2 bloquée et en grève

lundi 9 février 2009

SLB Skol-Veur

RENNES/ROAZHON — Appel interprofessionnel de Rennes II en 10 points.

Depuis plusieurs semaines en Guadeloupe et maintenant en Martinique, une grève générale s’est construite sur le refus de « l’exploitation outrancière ». Il s’agit d’une réponse populaire à l’offensive capitaliste menée sous le prétexte commode de la nouvelle crise. En métropole, une journée d’action interprofessionnelle a réuni le 29 janvier 2 à 3 millions de personnes démontrant qu’il existait également ici dans la population un refus réel et diffus de payer les effets de la logique meurtrière du capitalisme.

Néanmoins, cette journée a aussi fait état du manque de combativité des grandes structures syndicales, lesquelles s’interdisent d’aller au-delà du principe d’une journée d’action tous les trois ou six mois. Chacun sait pourtant que cette stratégie n’a aucune chance de réussir. Si nous nous ne donnons pas les moyens d’ouvrir des espaces de luttes indépendantes des directions syndicales, l’attente considérable traversant tous les « secteurs », les composantes de la société risquent d’être déçue et de conduire au découragement et à une résignation durable. A notre sens, face à la barbarie capitaliste dont le gouvernement Sarkozy est le nom et dans la situation de passivité des confédérations syndicales, il ne suffira pas de s’en tenir aux réflexes d’organisation en corps de métier mais il est nécessaire de construire sans attendre des formes de liaison entre tous ceux qui veulent lutter contre cette politique.

Pour ce faire, nous proposons d’aller à la rencontre des salariés, des chômeurs, des paysans, des jeunes scolarisés,… d’organiser des assemblées générales et des actions communes (par exemple des actions de blocage économique) et d’élaborer avec eux des revendications qui puissent être portées en commun. Nous insistons sur le fait que ces démarches doivent, selon nous, être ouvertes à tous (syndiqués ou non) et égalitaires. Faisant exister par là une autre idée du pouvoir du peuple que celle qui voudrait l’identifier au maintien de l’ordre public et à la pérennité du pouvoir des riches et des propriétaires : celle de la compétence égale de tous et de chacun à décider du cours des choses. Nous avons commencé à concevoir des revendications sur 10 thèmes, nous soulignons qu’elles n’ont de valeur qu’indicatives. L’ordre d’apparition des thèmes ne définissant aucune hiérarchie d’importance.

Point 0 : Casse-toi, pauvre-con ! Démission de Sarkozy ;

1. Éducation : Enseignement gratuit, laïque et ouvert à tous. Refus de l’évaluation et de la professionnalisation. Soutien matériel et financier aux écoles des langues minoritaires (Diwan, etc.) ;

2. Sans-papiers : Régularisation de tous les sans-papiers vivant en France et qui en font la demande. Arrêt des rafles. Fermeture des Centres de Rétention Administrative. Liberté de circulation et d’installation ;

3. Chômeurs : Arrêt de la mise au travail forcé des chômeurs (fin des radiations, des sanctions, du suivi mensuel obligatoire). Abandon du Revenu de Solidarité Active. Un revenu inconditionnel pour toute personne sans emploi à partir de 18 ans ;

4. Écologie : Plan de démantèlement des centrales nucléaires et des lignes THT. Interdiction du brevetage du vivant (OGM, cellules souches…). Réorganisation de l’industrie selon des impératifs environnementaux sous le contrôle des travailleurs et de la population locale. Autonomie alimentaire locale à partir du développement de l’agriculture paysanne ;

5. Logement : Réquisition des logements vides pour les sans-logis. Baisse des loyers. Construction de logements sociaux ;

6. Transports : Gratuité des transports en commun Abandon des grands projets (aéroports, ligne à grande vitesse, etc) Développement des réseaux de transports locaux (Ter, bus, etc)

7. Salaires et emplois : Interdiction de tous les licenciements. Réaffirmation et baisse de la durée légale et maximale du travail à 32 heures hebdomadaire. Augmentation de 500 euros du smic et indexation sur les prix. Pas de salaire au dessus de 3 x le smic. 37,5 années de cotisations pour tous. Égalité des salaires et des conditions de travail entre hommes et femmes. Fin du travail précaire et du temps partiel subi ;

8. Justice et police : Abolitions des lois sécuritaires et anti-terroristes. Dissolution des Brigades Anti-Criminalité et des ERIS. Interdiction de l’usage des flashs-ball et tasers pour la police. Libération de tous les prisonniers politiques ;

9. Santé : Gratuité totale des soins médicaux. Dissolution des Agences Régionales Hospitalières. Extension du service public à l’ensemble des acteurs de la santé. Indépendance des hôpitaux, de la recherche médicale vis-à-vis des laboratoires pharmaceutiques ;

10. Anti-impérialisme : Retrait des troupes françaises du Liban, d’Afrique, d’Irak et d’Afghanistan. Droit à l’autodétermination des peuples sous domination française. Réduction drastique des dépenses militaires. Maintien de la France hors de l’OTAN.

Voté par l’Assemblée Générale de Rennes II-Villejean, le 3 février 2009.

4 Messages de forum

  • « La compétence égale de tous » sur tout, instituée par la voie du saint-esprit : c’est pour le moins paradoxal. Et si on arrêtait de parler le langage du pouvoir ? Et si on se demandait comment on se partage vraiment les tâches, et lesquelles ?

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  • Personne ne trouve ces revendications hors contexte ? Et quand bien même elle le seraient, n’y a-t-il personne d’autre que moi à les trouver peu crédibles ? Qui sommes nous pour interdire des salaires supérieurs à trois fois le smic ? Qui sommes nous pour juger de la légitimité des chercheurs à travailler sur les cellules souches ? Sommes-nous assez compétents pour en débattre ? Qui sommes nous pour demander l’abandon des centrales nucléaires, sans proposer une solution de remplacement pour combler l’énorme baisse de production qui en découlera ?

    Je me surprend moi-même à poser ces questions, car au final, est-ce vraiment l’objet de notre lutte ?

    Peut-être faut-il d’abord sauver la fac avant de sauver le monde. C’est très beau de vouloir penser à tout le monde, se dire que nous ne sommes pas les seuls à lutter, que d’autres ont aussi des problèmes, etc etc... Mais que font-ils pour y faire face ? Leurs revendications nous concernent-elles ? Pensent-ils à nous ? Non, et ils ont bien raison. Chacun doit lutter sur son terrain. Ensemble ne veut pas dire sur le même front.

    Pour le moment, notre « solidarité » envers les autres mouvements ne nous à menée qu’à une chose : ces autres mouvements se sont approprié le notre en nous collant leurs banderoles en tête de manifestation.

    Alors qu’en sera-t-il de ce texte, qui en plus de ne pas revendiquer ce qui nous concerne réellement, ne parle pas non plus uniquement des autres mouvement, mais va plutôt s’attaquer à ce qui ne nous posait pas problème jusqu’à il n’y a pas si longtemps ?

    Suis-je le seul à me dire qu’en plus d’êtres très peu crédible, irréalisable et absurde, ces demandes le sont encore plus en temps de crise, alors que l’argent ne coule pas à flot ? Cela me fait penser aux manifestants de je-ne-sais-plus quelle entreprise, disant « nos patrons ont touché de l’argent pour le plan de relance, on n’en a pas vu la couleur ». Ils veulent palper, je les comprends. Mais l’argent manque, et celui que l’entreprise a touché sert à les payer, à ne pas avoir à en licencier de trop. A ne pas faire faillite. Et si le gouvernement est assez stupide, alors oui, nous aurons ce que ce texte demande, et nous pourrons dire adieu à ce que nous avons déja car nous aurons demandé trop.

    Petit à petit...? Ne pas mélanger les torchons et les serviettes...? Enfin quand même ! C’est de toute logique !

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  • « Voté par l’Assemblée Générale de Rennes II-Villejean, le 3 février 2009. » Les boules ! Cet appel tient du délire, plus décrédibilisant tu meurs. Attention, précision qui a son importance : ça n’est pas parcequ’il a été « voté en AG » que ce texte exprime les revendications des étudiants (mobilisés ou non) de Rennes II.

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