La période oblige à un rapport de force immense pour imposer une autre logique que celle du tout marché et de la concurrence promue par le gouvernement et le MEDEF. Si ce rapport de force peine à s’instaurer reste que le débat sur le fond est bien lancé . Il tient, sans être exhaustif et pour s’en tenir à ce qui émerge, en trois points.
CROISSANCE ET PARTAGE :
Un premier débat a fait suite à l’article intitulé "Mobiliser la consommation privée" d’Isaac JOSHUA paru dans Libération le 12 septembre voir sur ce site. L’ auteur préconisait une politique économique de relance de la croissance par les salaires afin de combattre le chômage . Sur le partage des richesses l’évolution favorise depuis 20 ans les profits au détriments des salaires (voir Note INSEE rédigée par Mr Concialdi) . Sur le type de croissance, l’auteur s’est défendu de vouloir défendre tel quel la croissance ; il s’agit aussi de promouvoir une "altercroissance" notamment par la défense et la promotion du secteur public, un secteur public fonctionnant sur une logique de service public .
ALTERCOISSANCE :
Le conflit de la SNCM a reposé cette question de la viabilité d’une entreprise publique à la fois astreinte d’une part au respect d’un cahier des charges de service public qui l’oblige à faire circuler ses navires hors saisons touristiques et d’autre part à subir la concurrence d’une entreprise privé en capacité de baisser les prix car fonctionnant pricipalement pendant la période touristique . La SNCM a du augmenter ses tarifs alors que la flotte privée a pu baisser ses prix . Voilà comment la logique de service se trouve pervertie et dominée par la logique marchande . Et le projet de traité constitutionnel proposait en plus d’interdire le subventionnement ! Aujourd’hui il s’agit de poursuivre la politique de libéralisation-privatisation préconisée à Barcelone en 2002 . Aprés la SNCM c’est EDF qui est dans le collimateur.
LE PIEGE DE LA RELANCE PAR L’ EMPRUNT
Mais un second débat mérite de s’instaure toujours sur le thème de la relance économique .En effet une proposition, notamment faite par ATTAC, fait problème :"Relance économique européenne, y compris par l’emprunt, fondée sur des investissements dans les infrastructures publiques"
La relance économique ne suppose-t-elle pas la remise en question de la banque européenne ? Ce n’est pas l’essentiel, ni mon propos ici .
Le recours à l’emprunt est, selon Alain Bihr notamment, un tour de passe passe qui aboutit à un double cadeau fait à la bourgeoisie et à l’encadrement supérieur .
Le tour de passe-passe
L’ Etat qui s’endette en empruntant sous forme de bons du Trésor et d’obligation le fait auprès des zinzins, autrement dit les organes du capital financier. L’argent placé n’est pas que des fonds propres mais aussi celui non immédiatement dépensé, celui de la bourgeoisie et des couches aisées de la population. Cet argent ne se voit pas exigé de l’Etat en qualité de contribuables sous forme d’impots. A la place il est prêté à l’Etat avec rémunération.
Il y a bien un double cadeau aux riches derrière ce tour de passe-passe.
Non seulement l’Etat ne leur soustrait pas la part de leur revenu qu’il serait en capacité d’exiger d’elles (comme excédant des dépenses courantes) et qu’il serait en droit d’exiger d’elle (au nom des capacités contributives). Mais de plus, il rémunère cette part sous forme d’intérêts sur les bons ou obligations d’Etat.
un gage de reproduction et d’accroissement des gains dans le temps
Les titres de la dette publique étant autant de droits à valoir sur une partie des impôts, ce processus est donc aussi un moyen pour la fraction la plus fortunée de la population de s’accaparer une part supplémentaire du revenu social.
Christian DELARUE attac 35
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