Ouest-France : Correspondant, ça correspond à quoi ?


presse, radio, tv, médias... samedi 20 août 2005 par rennes info

Correspondant, ça correspond à quoi ?

La presse quotidienne les presse quotidiennement. Qui ça ? Les correspondants locaux de presse. Et les correspondantes aussi.

Correspondant, ça correspond à quoi ? Les 42 éditions d’Ouest-France sont réalisées par 553 journalistes et 2635 correspondants, considérés officiellement comme travailleurs indépendants. Une activité vue comme accessoire, en complément d’un revenu principal, et relevant du statut officiel de « correspondant local de presse ». La paye, officiellement en honoraires, est modeste mais selon Ouest-France, il y a des gratifications immatérielles : la fierté de voir sa prose publiée, « un bon entraînement à l’écriture » et le sentiment de se hisser au rang des notables locaux, tout en se permettant d’ « enrichir sa vie sociale »*. L’enrichissement de vie sociale, c’est en net ou en brut ? En fait, le statut de correspondant bénéficie d’un arrangement fiscal le rattachant au régime des non-salariés. Les revenus engendrés ne sont pas imposables s’ils sont en dessous de 15 % du plafond annuel de la Sécurité Sociale (soit 4528 euros par an en 2005). Au-dessus, le correspondant doit s’immatriculer et cotiser auprès de l’Ursaff en tant que profession libérale.

Apporteur d’affaires judiciaires

D’après ces textes, le correspondant devrait se contenter d’apporter des informations brutes, mises en forme, rédigées par des journalistes permanents et professionnels. En vrai, c’est pas ça du tout. La copie rédigée est bien relue, mais celle des journalistes aussi, avant que le secrétariat de rédaction ne corrige, ne précise ou ne modifie des passages, des éléments, le titre.

Les matchs de divers sports, la chronique des quartiers ou de la vie étudiante, les galettes des rois, les réunions de bureaux des assos du coin, le suivi des communes rurales sont ainsi couverts par des non -salariés directs du journal. Mais aussi le tribunal. Appelons-la Jeanne-Françoise. Employée pendant onze ans (depuis septembre 1992) pour suivre les audiences en correctionnelle, Jeanne-Françoise a fini par assigner Ouest-France aux prud’hommes. Pas chic de sa part. Rémunérée comme correspondante locale de presse, elle demande requalification de son contrat de travail en un emploi salarié. Ouest-France n’est pas d’accord. Pas chic non plus. Jeanne-Françoise était pourtant payée pour écrire sur les cinq audiences par semaine, 144 F l’après-midi, qu’elle dure trois ou huit heures.

Mic mac à la auteure

En 2001, elle découvre ses articles repris sur deux sites Internet d’Ouest-France, sans son avis et encore moins un accord signé prévoyant une rétribution. Et juste après sa lettre recommandée demandant qu’on règle ses droits d’auteure sur internet, on la pousse dehors en la remplaçant sans prévenir. De moins en moins chic. Puis on lui laisse miroiter une possible intégration comme journaliste titulaire. Les entretiens d’embauche au siège du journal à Rennes n’ont pas débouché. Finalement, Ouest-France sent que cette question des droits d’auteurs pourrait sentir le roussi, et octroie royalement une prime de 21,75 euros à chaque correspondant, pour la reprise de leurs textes en ligne. « A chaque passage ? » croit comprendre un conseiller prud’homal. Euh, non : 21,75 euros par an. Ponte d’Ouest-France responsable des braves correspondants de tout l’empire, Théo Le Diouron vient expliquer que son journal est le seul en France à avoir cette charité, mais que ce n’est pas une prime, non non, juste une gratification. Parce qu’une prime, ça irait trop à l’encontre du statut de CLP et ramènerait à l’idée de salarié. Et ça, pas question.

Pourtant, le lien de subordination qui fonde le statut de salariée semble patent : du matériel fourni par le journal, ordinateur, modem et logiciels ; un seul lieu de travail ; un paiement au forfait quel que soit le nombre d’articles rédigés pour l’après-midi de travail ; des horaires fixes chaque après-midi jusqu’à la fin des audiences correctionnelles, au pire 2 h du mat. Devant la surcharge de travail, une autre correspondante a finalement pris le relais à 17 h. Seule précaution de l’employeur, aucune trace écrite de directive, aucun planning précisant les audiences à suivre précisément.

Curieusement, l’avocate d’Ouest- France n’a pas soulevé l’incompétence du tribunal des prud’hommes. Elle soutient pourtant que Jeanne-Françoise était travailleuse indépendante, ce qui rendrait pourtant les prud’hommes à côté de la plaque pour juger un litige de prestation de service. Jugement rendu le 23 juin prochain. « Justice et liberté », dit la devise du journal. La justice des prud’hommes pourraient donner la liberté à d’autres correspondants d’attaquer le journal pour se revendiquer employés directs. Mais ceux à qui on fait la charité de les hisser au rang de notables locaux ne sauraient être si ingrats.

source : le site la lettre à lulu



5 commentaire(s) | Répondre à cet article

  1. laplume :

    CLP depuis presque 20 ans déjà, que d’évolution depuis. Je suis tout à fait d’accord avec ce qui a été dit dans le texte et les autes messages, sauf que les revenus sont imposables, désolé, et oui !! Reste que ces dernières années, l’on note une dégradation de tout, communication, frais, cotations, etc. C’est bien simple, il n’y a plus de relations entre les CLP et les rédactions, encore moins avec les responsables au-dessus. Ce qui n’était pas le cas il y a encore 10 ans. Plus les moyens de communication sont performants, moins l’on communique. Il est vrai que la mise en place de la cotation informatisée est uen catastrophe. Je continue à contrôler et tous les mois, il y a des écarts de 30 à 60 €, toujours en ma défaveur, évidemment. A chaque fois, en début de mois, je passe environ une demi-journée au moins, à expliquer ce que l’on me doit encore, après avoir essayé de comprendre ce qui a été oublié ou transformé. Et dire que la plupart des CLP ne contrôle pas leur facturation. J’immagine les économies pratiquées par le journal. Oui pour ne pas se laisser faire et réagir à notre niveau. De toute manière, les relations ne peuvent pas être pires que ce qu’elles sont devenues.


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  2. Boyard Jean-François : un manque de considération flagrant du cpl

    CPL depuis 1984 pour la redaction de Saint Lô je suis entierement daccord avec le redacteur précedent, il n’y a plus de communication, je constate également une dégradation permanente de nos retributions cotée au bon vouloir de la secretaire qui quand elle a le choix choisira toujours la cotation mini. Aujourd’hui on me demande de distribuer l’annuaire des élus,( il y en a 160 pour 14 communes ) rétribution rien ! Et surtout ne comptons pas sur les journalistes pour nous defendre.


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    1. ARA : En réponse à : Ouest-France : Correspondant, ça correspond à quoi ?

      Depuis le 1er janvier, Ouest-France lance un système de « précotation informatique » qui va réduire le travail du personnel salarié du journal. Si les honoraires du correspondant local de presse sont modestes (environ 600 à 800 € net tous frais décomptés), à l’année pour 550 heures de travail et 7 300 km de voiture), avec la nouvelle cotation, les correspondants y seront de leur poche. Souvent les CPL ne tiennent pas de compte et ignorent leur revenu réel, parfois ils payent des impôts sur le gain qu’ils n’ont pas réalisé. La déclaration contrôlée est simple et permet de donner des chiffres aux services fiscaux pour éviter les charges sociales et réduire le montant non salarié imposable). La nouvelle cotation appliquée, exemple : Un papier de 34 lignes à plus de 20 km de la résidence nécessitant tout compris plus de 2 heures et demie de travail, normalement coté 10 + 4 soit 13,86 €, passe en photo légendée soit une photo et un texte réduit à moins de 10 lignes au-dessous est rénuméré 3,86 € même pas le prix du carburant. Les papiers courants 20 à 30 lignes avec une photo aussi à 13,86 deviennent des « vie en ville ou filet » à 7,92. Le CPL ne fait pas ce travail pour l’argent nous le savons, il ferait autre chose, mais delà à y être de sa poche c’est une autre histoire !!! Sans parler que la loi 87-39 telle que modifiée par l’article 16 de la loi 93-121, n’est pas respectée, il est dit « Le CPL ne doit recevoir aucune directive de la rédaction du journal à l’exception d’échange d’éléments d’informations comme l’agenda de manifestations locales, l’indication de la surface disponible ou d’informations techniques non personnalisées comme la limite de bouclage. Le CPL gère librement son activité sur l’organisation de laquelle le journal ne peut exercer aucun contrôle, il ne peut lui être imposé aucun horaire précis. Sa contribution doit être contrôlée par un journaliste professionnel. » À Ouest-France des consignes sont données, on ne fait pas ceci, on ne fait pas cela, ces consignes données toujours de vives voies ou sur papier sans entête, semble contraires à la loi. Pour ne plus nous rénumérer 0,99 € pour la rédaction et la transmission des informations service, bientôt elles seront transmises par internet directement aux rédactions par les associations. On impose une « fraîcheur au CPL J+1, après c’est parfois poubelle sans indemnisation. Mais des papiers transmis à J+0 ou J+1 sont souvent publiés à J+3,4,5. Le CPL à une obligation de fraîcheur mais pas le journal, c’est tellement plus facile.

      Amis CPL, nous devons réagir, on nous piétine !!! Surtout ne pas démissionner, le journal serait trop content, il trouverait d’autre CPL au nouveau tarif. Si les nouveaux restent peu de temps, un roulement permettrait de boucler les éditions. Nous devons rester et nous défendre.

      Et si nous faisions la grève des envois une semaine ou deux, nous ne perdrions pas grand-chose et le journal serait bien vide. Une telle action montrerait au lecteur qui fait le journal et à quel prix.

      Nous pouvons aussi saisir nos députés pour qu’ils demandent au ministre l’application stricte, intégrale et ferme de la loi « pas de consigne, pas d’imposition, pas d’horaire » assortie de fortes pénalités pour les contrevenants.

      Le temps du citron pressé, c’est fini !!! Amis correspondants locaux de presse défendons-nous !!!

      Nous faisons le journal, nous avons droit au respect et à une indemnisation (puisqu’on ne peut parler salaire) minimum correcte pour ce travail important.


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    2. rennes info :

      Pouvons-nous avoir une adresse courriel pour vous contacter.


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    3. :

      oui bien sur !!!

      ivredimages@orange.fr


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