Municipales et cantonales de 2008 : les télévisions locales en ordre de marche
presse, radio, tv, médias... dimanche 27 janvier 2008 par rennes info
par Guy Pineau
« Les médias, c’est profondément contemporain et synonyme d’influence » (Philippe Labro)
La France est, selon l’expression répétée ad nauseam, en retard en matière de télévisions locales. Si leur reconnaissance juridique date de la loi de décembre 1985, pendant de longues années peu de télévisions de ce type [2]. Effet du vieil atavisme d’un centralisme audiovisuel hérité, notamment, de la période gaulliste ? Sans doute. Mais surtout de l’absence des conditions économiques qui assurent la viabilité de ces télévisions locales. Elles sont désormais réunies, mais grâce à d’inquiétantes concentrations capitalistiques qui favorisent de non moins inquiétantes dépendances politiques.
Extrait :
« La syndication éditoriale, relai d’Elkabbach
L’accord des télévisions locales, avec Europe 1 (groupe Lagardère) qui organise, en vue des municipales et des cantonales une syndication éditoriale, constitue un cas structurel de la sociologie-économie des rouages [25]
Europe 1 a signé en novembre 2007 un accord avec le GIE des Télévisions Locales Associées qui regroupe une vingtaine de chaînes diffusées sur la TNT [26]. Cet accord permet à la vision journalistique de son tenancier en chef, Jean Pierre Elkabbach [27], d’être, après Europe1 et Public Sénat, omniprésente sur les principales télévisions de villes en France. Ce partenariat prévoit la captation vidéo et la diffusion d’émissions d’Europe 1 sur les télévisions locales signataires et sur europe1.fr, émissions spécialement produites en Province, à l’occasion des élections locales de 2008. Enfin, cerise sur le gâteau, la mise à disposition des images des interviews et éditoriaux de Jean-Pierre Elkabbach, soi-même, en léger différé.
Dans le cadre des élections municipales, Europe 1 « déplacera l’antenne » dès janvier 2008. Le Club Europe 1, la grande émission politique du vendredi sera réalisée successivement en direct de Bordeaux, Marseille, Lille, Lyon puis Toulouse. Gilles Crémilleux, président du GIE qui regroupe « les locales » justifie cet accord, car "Jusqu’ici les télévisions locales suivent peu ou pas l’actualité nationale, or nous en avons besoin, à l’instar des quotidiens régionaux ». Les locales, en élargissant leur zone de diffusion (articulé à l’accord avec TF1 Publicité), veulent attirer des annonceurs nationaux, notamment avec la diffusion des vidéos d’Europe 1 afin de créer de nouveaux rendez-vous en journée sur les tranches où audience est jusqu’à présent concentrée (18h/20h)
Les télévisions concernées sont, à ce jour, une vingtaine à être, depuis septembre, diffusées comme les télévisions nationales sur la TNT [29] La vingtaine de chaînes locales affichent une audience cumulée de 630.000 auditeurs par jour, sur un bassin de 7,1 millions d’habitants, selon les chiffres de Médiamétrie. C’est donc, une grande part du réseau des télévisions locales qui bascule sous la coupe éditoriale de la radio-Lagardère, Europe 1.
[29] TLT (Toulouse), TLM (Lyon), LCM (Marseille), TV7 (Bordeaux), C|1 (Clermont-Ferrand), TV8 MONT-BLANC, TV RENNES, LM SARTHE (Le Mans), NANTES 7, TV NANTES, ANGERS 7, TL7 (Loire-Télé), TELE GRENOBLE, CITYZEN TV (Caen), ORLEANS TV et TV TOURS. 25 autres les rejoindront dans un an. »
source et article complet sur :
http://www.acrimed.org/article2800.html
