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Lettre aux parents d’élèves par le SNETAP.

mercredi 3 mai 2006

Manifestation à Paris le 17 mai.

Syndicat National de l’Enseignement Technique Agricole Public

Fédération Syndicale Unitaire

snetap wanadoo.fr

Lettre aux parents d’élèves

Agissez avec les personnels pour redonner à l’enseignement agricole public les moyens dont il a besoin

Madame, Monsieur,

Trouvez-vous normal qu’un établissement public d’enseignement agricole :

- refuse des élèves qui ont fait le choix d’y être scolarisés parce que l’administration a décidé de plafonner le recrutement à 24 et même à 16 élèves par classe (afin de ne pas avoir à financer les dédoublements prévus par les programmes, à partir du 25e ou du 17e élève, selon les disciplines) ?

- pousse vers la sortie des élèves des classes terminales qui ont échoué à leur examen et les empêche de bénéficier d’un redoublement, toujours pour cause de plafonnement des effectifs ?

- soit contraint de fermer des classes dans lesquelles le recrutement est tout à fait satisfaisant parce que les crédits ont été réduits et que des emplois d’enseignants ont été supprimés ?

- ne mette pas en place les dédoublements prévus par les programmes ou les revoie à la baisse parce que les crédits sont insuffisants ?

- réduise chaque année un peu plus son offre d’enseignements optionnels car il n’y a plus d’argent pour les financer ?

- soit conduit à supprimer les heures d’UNSS (sport scolaire du mercredi après-midi) ou l’animation socioculturelle (activités offertes aux élèves dans le cadre de l’établissement) toujours faute d’argent ?...

Si vous pensez que l’éducation et la formation des jeunes sont un investissement pour l’avenir et pas une charge, vous répondrez certainement NON à toutes ces questions.

C’est pourtant la situation qui existe actuellement dans de très nombreux établissements d’enseignement agricole publics car depuis 4 ans, le système éducatif dans son ensemble et notre secteur d’enseignement en particulier, ont été la cible privilégiée des coupes opérées dans le budget de l’Etat par le gouvernement.

En 4 ans, 450 emplois auront été supprimés dans le seul Enseignement Agricole public (- 285 entre 2003 et 2005 et - 165 en 2006) et près de 200 classes auront été fermées dans nos établissements. La capacité d’accueil de l’enseignement agricole public a été réduite d’autant et certaines formations ont disparu du service public dans plusieurs régions, contraignant les parents soit à scolariser leurs enfants dans un établissement privé soit à se voir imposer un changement d’orientation !

Pendant la même période, les conditions d’accueil et d’enseignement n’ont cessé de se dégrader pour toutes les raisons évoquées ci-dessus et aussi parce que le ministère, dont la seule orientation identifiable actuellement est la recherche d’économies, a réduit les horaires d’enseignement alors que les programmes restaient identiques et a supprimé les heures de soutien - nécessaires pour aider les élèves les plus fragiles - dans 3 filières de formation : BEPA, Bac Pro et Bac Techno.

Alors que l’enseignement agricole public a fait ses preuves pendant des années - en construisant des parcours promotionnels, en accompagnant les projets des élèves, en leur assurant une formation en prise avec l’environnement des établissements et les réalités professionnelles et en conduisant une proportion croissante d’entre eux vers des niveaux de qualification plus élevés pour répondre à l’évolution des besoins économiques - la politique menée depuis 4 ans par les ministres de l’Agriculture successifs remet gravement en cause les conditions qui avaient jusqu’alors contribué à la réussite des élèves.

Les personnels de l’enseignement agricole public, dont l’engagement pédagogique et éducatif a largement contribué à faire reconnaître l’enseignement agricole comme un « enseignement de la réussite », n’acceptent pas l’évolution qu’ils constatent, qui traduit une vision purement comptable et gestionnaire de la formation des jeunes. Vision étriquée qui rendra, non pour des raisons qui relèvent du mérite et travail des élèves, mais pour des raisons gestionnaires et comptables, exceptionnelle la possibilité, pour votre enfant, de suivre une scolarité régulière et ouverte au monde qui l’entoure

Les personnels vous alertent sur cette situation et vous appellent à agir avec eux pour exiger une autre ambition pour l’enseignement agricole public et ses élèves.

Ils vous appellent à agir de façon concertée au niveau local, en vous appuyant sur les informations concernant l’établissement où vos enfants sont scolarisés.

Ils vous appellent à vous mobiliser et à intervenir pour obtenir du ministre et du gouvernement d’autres choix budgétaires pour le système éducatif et en particulier pour l’enseignement agricole public.

Ils vous appellent à interpeller les parlementaires (députés et sénateurs) de votre circonscription afin de leur demander des comptes sur les moyens insuffisants qu’ils allouent à la formation de vos enfants, chaque année au travers de leur vote à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

Ils vous appellent à vous engager fortement pour refuser le lent délabrement du service public d’enseignement agricole et pour exiger les moyens garantissant une formation de qualité à vos enfants.

Et parce que l’avenir de vos enfants est en jeu, ils vous appellent à vous joindre aux personnels de l’enseignement agricole public qui manifesteront à Paris le 17 mai 2006 pour exiger :

- les moyens nécessaires pour effectuer la rentrée 2006 dans des conditions normales,

- un budget 2007 qui nous permette de remplir notre mission de service public d’éducation.

Le 24 avril 2006

Pour toute information complémentaire, vous pouvez contacter :

Perrier Albéric - secrétaire de section du Lycée Théodore Monod -

06.63.70.54.68

alberic.perrier educagri.fr

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