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Le web et le débat sur la constitution européenne en France

lundi 7 novembre 2005

Le web et le débat sur la constitution européenne en France par Guilhem Fouetillou (Doctorant COSTECH-UTC)

Le web constituerait-il désormais un nouveau continent pour les sociologues et les politologues ? Alors que les analyses sur le résultat du référendum sur la Constitution européenne continuent d’affluer, nombre d’entre elles soulignent – sans pouvoir en mesurer précisément l’importance – le rôle tenu par le web dans l’issue du scrutin. Afin d’en avoir le cœur net, nous avons lancé une exploration à grande échelle de la « partie » du web traitant du référendum, et l’avons soumis à analyse. Nous présentons ici quelques constatations marquantes, sur les liens entre sites, qui installent le web comme nouveau territoire offert à l’attention des chercheurs.

Une loi, scientifiquement validée sur de grandes échelles, énonce que les sites qui traitent de mêmes sujets sont proches en terme de liens (en nombre de clics). Nous avons donc envoyé sur la toile plusieurs dizaines de robots qui rapatrient dans une base de données les contenus des sites (textes, images, fichiers) ainsi que les liens hypertexte entre les sites. Prenant comme point de départ une dizaine de sites traitant du référendum, nous avons rapatrié plus de 12 000 sites et 2 500 000 pages, entre le 30 mai et le 1er juin 2005.

Notre objectif était d’avoir une vision d’ensemble du débat politique sur le web et de comprendre comment celui-ci s’organisait en terme de relations entre les sites.

Parmi ces 12 000 sites, plus de 6 000 étaient en anglais et furent écartés. Les 5 000 restant ont été traités informatiquement. Ne furent finalement sélectionnés que ceux qui comportaient des mots ou expressions en rapport avec le débat, soit un millier. Sur ce millier de sites, seuls 295 traitaient du référendum. Nous les avons classés en sites du oui, sites du non, sites ne prenant pas position, sites des institutions (Commission européenne…) et sites des grands médias (Libération, Le Nouvel observateur…). Le déséquilibre quantitatif des deux camps

Le premier constat vient du net déséquilibre quantitatif entre sites du oui (79) et sites du non (161), ces derniers représentant 67% des sites (contre 33% pour le oui). Par ailleurs, l’émission Arrêt sur image (France 5, 10 avril 2005), après comptage effectué sur les trois principales chaînes hertziennes, révélait que plus de 70% du temps de parole consacré au débat avait été utilisé par des hommes politiques favorables à la constitution européenne. On peut émettre l’hypothèse que le web a servi de tribune publique à nombre de ceux qui se sentaient écartés des plateaux de télévision ou des grands médias, transformant ainsi en quelque sorte le web en un négatif, au sens photographique, de la télévision.

RTGI http://www.observatoire-presidentielle.fr/index.php

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