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Le syndicat SUD du Centre Hospitalier Guillaume Régnier rejoint le mouvement des Urgences et appelle à son tour à la grève.

mardi 28 mai 2019

Le 18 mars, les urgences de l’hôpital Saint-Antoine à Paris (APHP) ont lancé un mouvement de grève face aux conditions de travail déplorables, aux salaires en berne depuis des années et au mépris affiché par le gouvernement et le Ministère de la Santé. Le 25 mai, à la Bourse du Travail, le collectif inter-urgence à réunis 200 personnes des urgences en lutte de toute la France mais aussi des collectifs d’usagers. Aujourd’hui, ce sont 65 unités d’urgence répertoriées en grève (dans certains endroits, d’autres services de médecine ou chirurgie... les accompagnent), 61 autres sont en réflexion. Partout les constats sont les mêmes :
- Une surcharge de travail qui aboutit à une explosion des burn-out ;on ne compte plus les professionnels qui démissionnent et se tournent vers d’autres emplois et ce même pour de jeunes diplômés.
- Un management autoritaire qui décourage et met dans un état de stress une grande partie des équipes dans l’indifférence quasi-générale, alors même qu’a lieu actuellement le procès pour harcèlement de France-Télécom... Une étude récente a montré que les catégories de salariés les plus angoissés avec l’espérance de vie la moins longue était les soignants... Un comble quand la mission de celle-ci est de prendre soin des autres !
- Des fermetures de lits ou de services entiers qui s’accélèrent en dépit de toute logique (hormis comptable), rendant l’accès aux soins de plus en plus difficile. Au CHGR, en pédopsychiatrie les délais d’attente avoisinent les 2 ans... inadmissible quand il s’agit d’enfants – et de parents - en souffrance. ... La liste des maux est sans fin.

En 1970, la psychiatrie en France comptait 100000 lits pour 52 millions d’habitants. En 2015, 57000 lits pour 66,5 millions d’habitants. Si la politique ambulatoire à permis de créer des structures (CMP...) au plus près des habitants, le rythme effréné des fermetures de lits ne permet plus d’endiguer la demande d’autant que les regroupements de CMP ont pour conséquence de diminuer l’offre de soin... La ligne de rupture a été franchie depuis longtemps dans un secteur plus qu’en crise. Les soignants fuient. Les médecins quittent le service public face à la perte de sens du soin et aux logiques purement budgétaires des ARS.

Résultat, au CHGR, faute de médecins, des dizaines de lits vont êtres fermés cet été (dès le mois de juin certains services ne prendront plus les admissions) réduisant d’autant les capacités d’accueil des patients. Les patients qui ne peuvent sortir de l’institution seront « redis-patchés » sur d’autres unités.... Portant celles-ci à 25, 26 voire 27 lits, alors qu’elles sont prévues pour n’en accueillir que 20...

Les difficultés que rencontrent l’ensemble des hôpitaux sont le reflet d’un désengagement méthodique des politiques de santé depuis plus de trente ans, au profit d’un discours sur la rentabilité et de réorganisations des services absconses et ineptes pour qui y travaille. Ce discours à démontré depuis des années ses limites au point que la rupture soit imminente, dans une indifférence, que les soignants et autres personnels encaissent jusque là. Mais à quel prix ?

Alors que se tiennent actuellement les débats sur la Réforme de la fonction publique qui va démanteler ce qui reste du statut des fonctionnaires et des missions de service publique, mais sans jamais évoquer en quoi cette réforme va améliorer la qualité du service publique, nous ne pouvons plus rester passif devant cette mort annoncée de notre engagement auprès de la population. Pas au prix de notre santé. Qu’on nous explique en quoi l’évaluation individuelle des agents, le recours accru au CDD, la fin des CHSCT, vont améliorer la qualité de prise en charge d’une femme qui va accoucher, quand l’hôpital le plus proche de son domicile est à plus de 50 kilomètres ? Qu’on nous explique en quoi les sanctions ou les primes d’intéressement vont-ils contribuer à désengorger les urgences ou permettre aux agents des EHPAD de bénéficier de plus de temps pour prendre soin des personnes âgées ?

Il suffit pour s’en convaincre de lire, bien plus que le projet de loi, l’étude d’impact de ce projet de loi – quelques 350 pages – où il n’est jamais fait mention de la qualité du service rendu, mais bien plus de l’impact économique qui en est attendu. On s’attendrait, dans un des pays les plus riches au monde, et de la part d’un gouvernement dont les missions sont d’assurer la protection (dont évidemment la santé) un véritable projet de société dans la santé. Loin de cet objectif, il s’agit bien plutôt de détruire ce qui reste de l’esprit de solidarité qu’incarnent la fonction publique et la Sécurité Sociale. Mais ces deux notions sont tellement dépréciées depuis des années qu’il en devient malsain d’en parler.

Mais nous refusons d’abandonner ces idées fondatrices de notre société face à la mainmise des pensées purement budgétaires. La santé est un investissement pour l’avenir au même titre que tout autre secteur.

Nous refusons l’état de délabrement dans lequel les politiques de santé nous plonge. C’est pourquoi nous rallions le mouvement des urgences et appelons à notre tour l’ensemble des établissements à fédérer nos forces.

Samedi 25 mai, la première Assemblée générale des services d’accueil des urgences en grève a appelé les autres hospitaliers. Certains hôpitaux sont en réfléxion, quant à nous, nous prenons nos responsabilités et rejoignons le mouvement à partir du mardi 4 juin à 9h00.

Syndicat SUD Centre Hospitalier Guillaume Régnier - Rennes

Contact :

SUD Santé CHGR sudchgr gmail.com

06 48 83 79 13

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