Projection Discussion de "Le bien commun, l’assaut final" documentaire de Carole Poliquin. Rennes, mardi 26 juin 2007 à 20h30 à l’archipel (métro anatole france) organisé par : Ca nous regarde ! et l’archipel. participation libre
Vous pouvez commander ce film, en VHS ou en DVD. Site : VOIR & AGIR
Film de : Carole Poliquin
L’eau, la santé, les gènes humains et végétaux, les connaissances anciennes et nouvelles, plus rien aujourd’hui ne semble pouvoir échapper au destin de marchandise. Face à la voracité des marchand, qu’adviendra-t-il de la notion de bien commun qui est à la base de toute vie en société ? Le marché peut-il être le garant de bien commun ? Différentes histoires, tournées au Canada, aux États-Unis, au Mexique, en France, au Brésil, en Inde, et racontées à la manière de la Genèse, témoignent des conséquences de la soumission du monde aux intérêts privés.
Présentation du film
Sur le fond, c’est une charge très argumentée, très démonstrative contre la mondialisation libérale, nourrie de reportages et de témoignages recueillis au Canada, au Mexique, aux États-Unis, en Inde, en France. Avec les exemples très parlants de la marchandisation en cours de tous ces "biens publics mondiaux" que sont l’eau, les semences, la santé, les gênes, les connaissances et pratiques ancestrales ou nouvelles… Un thème que nous connaissons bien, autant de tristes réalités d’aujourd’hui. C’est la forme qui est originale, avec un parti pris d’humour en contrepoint très réussi. Carole Poliquin a repris le thème et le découpage de la Genèse, ces sept jours qui bâtirent le monde ; mais ici ce n’est pas Dieu, c’est "l’homme d’affaires" qui se donne une semaine pour asservir le monde au profit, pour créer enfin ce "marché total" qu’on nous propose comme horizon. À chaque jour son thème (l’eau, les semences etc.). Chaque soir de la semaine, l’homme d’affaires reprend son Boeing, volant dans les étoiles vers sa prochaine mission, tandis qu’une voix off commente : "Et l’homme d’affaires se dit que cela était bon pour ses actionnaires". Bernard Langlois, dans Politis
Sept jours pour transformer le bien commun en marchandise :
1er jour
L’eau, bien commun dont certains veulent faire un produit : avec le projet d’exportation de l’eau d’un lac canadien, la disparition de l’agriculture et de la pêche au Mexique par l’assèchement du fleuve Colorado par les Américains au profit de la culture industrielle.
2e jour
Les connaissances, que s’approprient les pays riches en déposant des brevets sur les produits naturels des pays pauvres.
3e jour
Les semences : avec Monsanto qui dépossède les agriculteurs de leurs semences et leurs méthodes de culture par la dispersion des OGM.
4e jour
Les gènes, le vivant : avec les brevets déposés sur le vivant qui empêchent le développement de la médecine prédictive.
5e jour
Les services publics, la santé : la pénurie créée dans le secteur public, sous prétexte d’économies et de réduction d’impôts, favorise les compagnies d’assurances et les entreprises pharmaceutiques.
6e jour
Les médicaments (le traitement du sida) : la protection des investissements est privilégiée par rapport au droit à la vie.
7e jour
La suppression des obstacles au marché par la neutralisation des institutions politiques : les traités commerciaux ont préséance sur les lois nationales.
La vertu de ce film, qui dure 63 minutes, est de pouvoir introduire de façon sensible et claire tous les débats à propos de l’AGCS, dont il donne bien la dimension mondiale. Avec des interviews de : Maude Barlow (auteure de L’or bleu et présidente du Conseil des Canadiens), Vandana Shiva (scientifique et auteure indienne) et Jeremy Rifkin (Le siècle biotech).