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La réforme des institutions adoptée à une voix près

mardi 22 juillet 2008, par rennes info

Députés et sénateurs ont adopté lundi à une seule voix de majorité la réforme des institutions françaises dont Nicolas Sarkozy avait fait l’un de ses grands chantiers présidentiels.

Seul Jack Lang s’est affranchi des consignes de vote du Parti socialiste, contribuant à cette victoire sur le fil, au risque de se marginaliser au sein de sa famille politique.

Réunis en Congrès à Versailles, 539 parlementaires ont voté en faveur de cette 24e révision constitutionnelle de la Ve République depuis 1958, a annoncé le président de l’Assemblée Bernard Accoyer après des décomptes électronique et manuel.

Il y a eu 905 votants et 896 suffrages exprimés, soit une majorité requise des 3/5e fixée à 538 voix.

Six députés et un sénateur UMP ont voté contre et un député du parti majoritaire s’est abstenu. Neuf apparentés radicaux de gauche ont également voté "oui".

La majorité, chef de l’Etat en tête, présentait ce texte issu de plus d’un an de débats entre majorité et opposition, comme un moyen de renforcer le Parlement alors que la gauche y voyait le signe d’une "hyperprésidentialisation" rampante du régime né sous la houlette de Charles de Gaulle.

Ce 16e Congrès de l’histoire de la Ve République est de loin le plus serré en cinquante ans. Le scrutin le plus disputé jusqu’alors remontait à 1974 quand 64,1 % des votants avaient approuvé la saisine parlementaire du Conseil constitutionnel.

“La démocratie française a gagné”

Ce vote positif bien qu’extrêmement étroit offre à Nicolas Sarkozy, dont l’impopularité persiste dans les sondages, l’espoir d’une relance politique quatorze mois après son accession à l’Elysée.

Le chef de l’Etat, qui s’est personnellement beaucoup impliqué auprès des élus de l’UMP, a appris le résultat du vote pendant la conférence de presse à Dublin, au terme d’une brève visite en Irlande un mois après le "non" irlandais au traité européen de Lisbonne.

"Ce soir, ce n’est pas un camp qui a gagné contre un autre, ce soir c’est la démocratie française qui a gagné", a déclaré le président, qui a remercié les radicaux de gauche et les "personnalités de gauche" ayant voté "oui".

A gauche, l’interprétation était toute différente.

Nicolas Sarkozy "n’a pas réussi à convaincre sa propre famille", a estimé le porte-parole du PS, Julien Dray, sur la chaîne de télévision Public Sénat.

"Pour nous, ce n’est pas une victoire, c’est un échec pour la France", a déclaré sur France Info le député socialiste Arnaud Montebourg. Dans l’après-midi, il avait défendu le "non" du PS devant le Congrès en dénonçant une "augmentation du pouvoir en place".

Le vote positif de Jack Lang risque de lui valoir des sanctions au PS, dont le bureau national se réunit mardi.

"Je crois que la sanction la plus efficace ne serait pas l’exclusion, mais l’interdiction de se présenter à nouveau comme candidat au nom du PS", a déclaré à Reuters François Rebsamen, bras droit du premier secrétaire François Hollande. "C’est une trahison de tous nos idéaux."

Rôle crucial du centre-gauche

Avant le vote, François Fillon avait appelé les élus à "l’esprit de responsabilité et de cohésion nationale".

"Votre vote dessinera le visage de notre démocratie pour plusieurs décennies", a-t-il fait valoir, soulignant "le lien étroit entre la modernisation de la France et la rénovation des institutions".

L’enjeu était "soit le renouveau, soit le statu quo (...) et ceci pour longtemps", selon le chef du gouvernement qui a comparé cette nouvelle révision à celle de 1962 ayant instauré l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel ou celle de 2000 ayant mis en place le quinquennat.

Les élus du centre-droite et du centre-gauche détenaient en grande partie les clefs du scrutin.

"Nous aurions souhaité aller plus loin mais rejeter ce projet aujourd’hui reviendrait à revenir au statu quo, à condamner la Ve République, à rester dans les errements institutionnels qu’on lui connaît, à continuer sur la voie d’une démocratie déséquilibrée", a affirmé François Sauvadet, le président du groupe du Nouveau Centre (NC) de l’Assemblée.

Le président du Parti radical de gauche, Jean-Michel Baylet, a expliqué qu’il appelait à voter "oui et clairement oui", déclenchant des huées parmi les élus de gauche, installés par ordre alphabétique dans les travées.

A l’approche du scrutin, des dirigeants de l’opposition ont dénoncé les pressions exercées par la majorité sur les élus de droite indécis ou opposés au texte.

Des allégations "mensongères" et "sans fondement", selon le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer, qui, contrairement à l’usage, a pris part au vote.

VERSAILLES (Reuters)

lundi 21 juillet 2008

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