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Il y a deux ans : Sylvie TREMOUILLE et Daniel BUFFIERE assassinés.

samedi 2 septembre 2006

http://bereno.blog.lemonde.fr/bereno/2006/09/il_y_a_deux_ans.html

Sylvie

Souvenez-vous, c’était il y a tout juste deux ans...

En cette fin d’après-midi du 02 septembre 2004, sur une exploitation agricole de Dordogne, Sylvie TREMOUILLE (contrôleur du travail) et Daniel BUFFIERE (contrôleur à la Mutualité Sociale Agricole) furent tous les deux abattus à coups de fusil par le responsable de l’exploitation.

Ils venaient contrôler les conditions d’emploi et de travail des ouvriers saisonniers recrutés pour le ramassage des prunes...Un contrôle classique, la routine pour les deux contrôleurs. Ils croyaient en l’utilité de leur mission, celle de veiller au respect du droit du travail dans l’intérêt des plus faibles, des plus démunis.

Daniel

Alors que Sylvie et Daniel patientaient dans la cour de la ferme, le patron sortit de son habitation où il était entré quelques minutes plus tôt pour aller chercher le registre du personnel que les deux contrôleurs souhaitaient examiner. Lorsqu’il réapparut, ce n’était pas le document attendu qu’il tenait dans ses mains, mais un fusil. Sans l’ombre d’une hésitation, il tira dans l’abdomen de Daniel , pratiquement à bout portant. Puis, il poursuivit sa sale besogne, froidement avec son arme il visa Sylvie qui tentait de se réfugier derrière son véhicule, il la tua d’une balle dans le dos.

Les médias ne virent là qu’un simple fait divers tragique, rien de plus.( le site Acrimed a très bien analysé la manière dont cette information a été traitée, c’est édifiant !). Souvenez-vous, télés, journaux évoquaient le désarroi du monde agricole, l’état dépressif du meurtrier (en réalité en parfaite santé). Devant les écrans de télévision, le maire vint évoquer les soi-disantes difficultés de l’agriculteur.

Le Président socialiste de la région Aquitaine créait un groupe de réflexion chargé d’évaluer « la détresse »... des petits exploitants agricoles ! Sur la détresse des familles de Sylvie et de Daniel, sur la détresse de leurs collègues de travail : RIEN...ou si peu !

Les réactions des ministres concernés furent tardives et timorées, de même que celles des principaux responsables des partis de gauche. Il fallut la mobilisation des agents de l’inspection du travail et de leurs syndicats professionnels pour que les uns et les autres réagissent plus énergiquement à ce double meurtre de fonctionnaires chargés de faire appliquer les lois de la République.

Deux ans ont passés, le souvenir de cet événement effroyable est encore, et pour très longtemps, présent dans la mémoire collective de l’inspection du travail.

Depuis, les agressions verbales, physiques( heureusement sans conséquence pour la vie des agents concernés) n’ont pas cessé . D’autres contrôleurs, d’autres inspecteurs du travail eurent à connaître outrages et obstacles, souvent assortis d’une référence, en guise de menace supplémentaire, aux meurtres de Saussignac...Mais du côté de nos ministres, toujours pas de réaction publique, officielle pour dénoncer fermement ces comportements délictueux ; comme si l’affirmation de la nécessité de notre mission de contrôle et du respect des fonctionnaires qui y contribuent ne devait pas parvenir jusqu’aux oreilles sensibles de quelques cercles patronaux.

Dans un contexte où les puissants rêvent de « libérer le travail », de faire « sauter les derniers verrous » qui entravent, paraît-il, leur liberté d’entreprendre, autrement dit qui espèrent la mort du code du travail (garant de la protection des travailleurs depuis bientôt un siècle), l’inspection du travail représente un des derniers remparts contre les excès du libéralisme à l’égard du monde du travail.

C’est dans ce contexte de délégitimation du code du travail et, par voie de conséquence, de l’inspection du travail que s’inscrit la mort de Sylvie et de Daniel. Leur assassinat illustre à l’extrême la détermination de certains employeurs à se soustraire, à n’importe quel prix, aux lois protectrices du travail (santé, sécurité, salaire, durée du travail...) que des générations de travailleurs ont durement conquises. En face, contrôleurs et inspecteurs du travail s’évertuent, avec leurs faibles moyens et dans le cadre de la réglementation en vigueur, à faire respecter le droit du travail. La tâche est gigantesque et difficile mais le meurtre de Sylvie et de Daniel nous renforce dans notre volonté d’oeuvrer pour le bien-être de l’homme au travail.

Aujourd’hui, dans toutes les Directions du Travail de l’Emploi et de la Formation Professionnelle de France, une minute de silence sera observée à la mémoire de Sylvie TREMOUILLE et de Daniel BUFFIERE assassinés le 02 septembre 2004.

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