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Findus : un révélateur des dérives de l’agro-industrie

mercredi 13 février 2013

Parti de Gauche 35

Le cas Findus est révélateur des dérives de l’agro-industrie où priment les seuls intérêts financiers. La logique repose sur la recherche du moins-disant social et environnemental à travers un circuit commercial complexe où se multiplient les intermédiaires (traders, abattoirs, industriels) et ce, au détriment des producteurs de viande de qualité et des consommateurs. Le constat est simple. Bien qu’il soit secoué de crises périodiques, ce secteur important de l’économie française dérive au gré du courant des profits immédiats, selon le vent des marchés, sans buts ni pilote, au mépris de la santé et de la sécurité des citoyens, du droit du travail et de l’image... des industries agroalimentaires françaises.

L’affaire Findus révèle une déloyauté récurrente vis à vis des consommateurs et une fraude, elle illustre parfaitement le risque à faire disparaître les contrôles directs menés par les pouvoirs publics. Cette réduction progressive de l’intervention des pouvoirs publics dans ce secteur de l’économie est particulièrement dangereuse. En effet, de plus en plus le contrôle devient un « autocontrôle » et les chefs d’entreprises se retrouvent ainsi juges et parties !!

Pourtant l’organisation des chaînes de production obéissant avant tout à des critères financiers peut aussi au-delà de la loyauté des transactions et des possibilités plus grandes de fraude et d’aberrations écologiques, présenter aussi des risques sur le plan sanitaire (notamment en raison de l’éclatement de la chaîne de contrôle : segment de production dans plusieurs pays, problème de traçabilité sur la loyauté qui peut signifier aussi signifier traçabilité mal maîtrisée du point de vue sanitaire).

Ceci devrait logiquement entraîner des contrôles des pouvoirs publics plus exigeants pour de simples raisons de sécurité et de loyauté.

C’est l’inverse qui a été réalisé ! Leurs capacités d’intervention ont été réduites pour des raisons idéologiques. Ce sont précisément les politiques d’austérité dans chaque Etat membre de l’UE qui réduisent le nombre de contrôleurs, de douaniers, de vétérinaires...Et le dernier Conseil européen vient encore de tailler dans ces dépenses chargées de permettre ces contrôles. Les propositions de réforme de la Politique Agricole Commune s’inscrivent dans une logique de profits maximums immédiats et créent les conditions d’une plus grande industrialisation de notre production agricole, faisant fi des cycles de la nature comme des règles de traçabilité.

En France, à la suite de la révision générale des politiques publiques (RGPP), mise en place par Sarkozy en 2007, l’inspection du travail du secteur agricole n’est plus sous la tutelle du Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, mais sous celle du Ministère du travail ce qui a entraîné une baisse des contrôles à ce niveau également.

Pourtant, puisque les pouvoirs publics sacrifient la loyauté et la sécurité sur l’autel de la « rigueur budgétaire », ils pourraient confier au moins une partie de la régulation aux salariés. En effet, des syndicats de travailleurs de l’agroalimentaire demandent qu’un salarié dénonçant des pratiques délictueuses avérées de son employeur ait le statut de salarié protégé (il ne peut plus être licencié sans un avis favorable de l’inspection du travail). Si cette simple mesure était adoptée, des pratiques de mal bouffe seraient pourtant réduites et les entreprises vertueuses ne seraient plus pénalisées de ce point de vue.

Mais l’affaire Findus met aussi au premier plan les aberrations du système actuel : la multiplication des intermédiaires a comme conséquence d’être confronter à des marchandises, des produits agricoles et alimentaires qui voyagent de plus en plus. Les risques sanitaires et de fraude en sont démultipliés. C’est pour protéger les intérêts des consommateurs, des travailleurs du secteur ainsi que des producteurs, que le Parti de Gauche et le Front de Gauche œuvrent pour sortir de ce modèle agro-industriel. Ils proposent une véritable rupture : les politiques agricoles doivent être réorientées vers le soutien à une production agricole ainsi qu’une filière agro-alimentaire plus relocalisée, donc mieux maitrisée, et créatrice d’emplois, qui assure une alimentation de qualité.

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