"Le risque est réel d’une communautarisation de révoltes fondant sur des griefs légitimes des combats qui ne le seraient en rien" (Ce juste propos est issu d’un texte de la LDH)
Plusieurs initiatives sont prises sur le thème - histoire - mémoire - fait colonial - notamment sur Rennes par le Mouvement de la Paix et le MRAP . D’autres ont déjà eu l’occasion de se prononcer au gré de l’évocation d’ "événements" marquants (loi du 23 février 2005, 8 mai, 17 octobre 1961...) .
Dans la même veine ce texte expose brièvement la face noire de la grandeur de la France dans le monde, non spécifiquement de la République, non évoqué ici pour ne pas alourdir, mais de la France, de la métroplole surtout .
I - D’HIER A AUJOURD’HUI.
Les enjeux d’une double dénégation...
Comment comprendre le fait colonial en laissant provisoirement de côté les rapports histoire/mémoire ? A écouter tel ou tel élu on peut certes évoquer le colonialisme et son histoire mais d’une part ce passé n’aurait pas de séquelles ici et d’autre part l’impérialisme aurait disparu là-bas avec la mondialisation . L’importance du débat actuel consiste alors précisément à mettre l’accent sur la postcolonialité c’est à dire sur les séquelles du colonialisme ici en métropole . Et là-bas, dans les pays ex-colonisés, d’autres problématiques se greffent sur la question coloniale ou postcoloniale.
...et deux éléments à mettre au débat :
d’une part les décolonisations non abouties (les "confettis de l’Empire" que sont les DOM-TOM et qui forment un espace conséquent structuré sur l’inégalité des statuts), voire en inversion du processus (ex : Comores )
d’autre part "le fait impérial", autrement dit les dominations qui portent sur des pays indépendants . Des pays non indépendants politiquement ne subissent pas l’impérialisme d’une puissance étrangère mais une colonisation classique.
La colonisation est un processus en général long et ce sont donc les historiens qui en maîtrisent (ou non : ils peuvent ne pas savoir) la connaissance scientifique en la matière mais ce ne sont pas les seuls. L’impérialisme relève aussi de l’histoire mais moindrement. Ce sont plus des économistes, des géographes, des politologues qui vont opérer le travail de mise à jour des formes de dominations impériales.
II - LES DOMINATIONS IMPERIALES : ASSOCIATIONS ET COOPERATIONS.
En terme de contenu plusieurs points peuvent y être intégrés. Ainsi, au moment des décolonisations et des indépendances les pays colonisateurs - comme la France - (qui cédaient ce qu’ils ne pouvaient plus garder : l’empire colonial classique) ont essayé de maintenir selon des modalités variables des avantages non négligeables :
une modalité vouée à l’échec : le mode associatif (G de GAULLE) proposé un bref moment pour l’Algérie. Aucun algérien n’en voulait
une modalité plus efficace et beaucoup plus courante : la coopération.
Là deux aspects a retenir :
* La coopération fait souvent le lien entre la décolonisation et l’impérialisme. Sous couvert de coopération et d’aide c’est le pillage qui se poursuit.
* Autre élément important la coopération-domination s’adresse aussi à des pays non colonisés par la France (Togo, Cameroun, Zaire, Burundi, Rwanda...)
Conclusion sur une triple France :
D’une part la France coloniale perdure (5 DOM et 5 TOM ) tout comme la France postcoloniale ainsi que la France impérialiste se déploie toujours .Les pays de l’Est sont un nouveau champ de profit en plus des pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique).
Christian DELARUE sn MRAP comm.mondialisation
Sur l’impérialisme lire : "L’impérialisme français maillon faible ou supplétif de l’impérialisme mondial ?" par Gustave MASSIAH décembre 2002 (IPAM)
Rennes info est hébergé par DRI