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Extinction Rebellion Rennes expérimente le blocage routier et se réapproprie les espaces urbains

mercredi 11 septembre 2019

Ce lundi 9 septembre au matin, le collectif Extinction Rebellion Rennes, associé à d’autres groupes locaux du Grand Ouest de la France, a bloqué le pont de Bretagne, un axe de circulation majeur du centre-ville de Rennes, de 8h à 19h.

Extinction Rebellion a occupé pacifiquement le pont de Bretagne au centre-ville de Rennes, le lundi 9 septembre de 8h à 19h, afin d’alerter la population sur l’urgence d’agir contre la catastrophe bioclimatique en cours. L’objectif de cette action de désobéissance civile était de dénoncer l’inaction de nos pays industrialisés face aux crises écologiques et climatiques, ainsi que le système de production/consommation destructeur et aliénant. Cette occupation prenait plus la forme d’une déviation que d’un blocage net, car des itinéraires alternatifs étaient proposés aux automobilistes, et qu’aucun véhicule ne s’est retrouvé bloqué de manière permanente. Une centaine de militant·e·s issu·e·s de Rennes mais aussi d’autres groupes locaux d’Ile de France, du Finistère ou de la Sarthe étaient présent·e·s. D’autres mouvements citoyens ont été appelés à participer à cette action, en arborant leurs couleurs.

En occupant la chaussée, les militant·e·s d’Extinction Rebellion souhaitaient se réapproprier les espaces urbains « qui nous ont été volés au profit de la voiture ». La conséquence du tout-voiture nous était rappelée : une pollution aux particules fines causant des maladies respiratoires, une source majeure d’émission de gaz à effets de serre et une bétonisation à outrance qui risque de rendre nos villes invivables d’ici les prochaines décennies. Les militant·e·s souhaitaient aussi communiquer sur les algues vertes, notamment par la symbolique coloration verte de l’eau de la fontaine qui jouxte le pont, et le collage d’affiches « danger : algues toxiques ». La prolifération de ces algues toxiques, due au déversement d’engrais phosphatés dans la mer, est un problème majeur d’écologie et de santé publique. Pour Extinction Rebellion, il est crucial d’avertir les citoyen·ne·s sur le fait que notre modèle d’agriculture intensive est la cause de ce désastre environnemental qui a déjà coûté la vie de plusieurs personnes.

L’action d’Extinction Rebellion était totalement non-violente. Il est inscrit dans les principes du mouvement qu’aucune atteinte à l’intégrité physique ou morale des personnes ne peut être tolérée. Il n’y a eu aucune dégradation. Les participant·e·s ont été coaché·e·s la veille aux méthodes pacifiques de blocage afin qu’il n’y ait pas de heurts entre les bloqueur·euse·s et la police ou les automobilistes. Des personnes chargées de faciliter le dialogue et de faire baisser la tension étaient bien présentes sur le site, dialoguant avec les automobilistes, leur distribuant des tracts pour les faire patienter lors des arrêts de circulation temporaires, ou même en leur donnant des gâteaux. La festivité était de mise : « nous partons du postulat selon lequel garder un coté festif et bienveillant pour cette action décrédibilisera toute répression forte de l’état », nous a confié une militante.

Tou·te·s les participant·e·s n’étaient pas bloqueur·euse·s. L’occupation du site était l’occasion d’animer des ateliers et d’encourager les prises de paroles et débats spontanés. Pour un militant présent à l’atelier sérigraphie, l’art et la culture font partie intégrale du monde que nous devons créer. D’après lui, « notre société nous enferme dans nos individualités et laisse peu de place à la création artistique et au lien social [...] or, nous ne pourrons pas construire un monde plus éthique et responsable si nous ne créons pas ces liens dès maintenant. » D’autres ateliers créatifs ont été proposés : danse, chant, peinture sur supports personnels. Ayant conscience que les sujets abordés étaient peu réjouissants, les militant·e·s ont fait le choix d’égayer la journée autant que possible.

Il est clair que cette action était une première expérience réussie pour les militant·e·s rennais·es, qui n’avaient encore jamais expérimenté le blocage routier. Ce type d’action est susceptible de se reproduire à plus grande échelle dans les rues de la capitale en octobre prochain. En effet tous les groupes locaux d’Extinction Rebellion ont été appelé à converger à l’occasion de la Rébellion internationale pour le vivant. En France, les actions de désobéissance civile auront lieu à Paris à partir du 5 octobre. De nombreux blocages routiers sont attendus, censés perturber l’économie et contraindre nos dirigeants à adopter des mesures significatives en matière de lutte contre le réchauffement climatique et de protection de la biodiversité.

Le mouvement écologiste a montré la faible résilience de la ville en matière de transport routier. Devons-nous nous conforter dans un système de transport écologiquement toxique qui témoigne de notre faible capacité à répondre à une infime perturbation ? Il est clair que notre économie basée sur un approvisionnement et une gestion de la production en flux tendu serait grandement touchée si la le trafic routier venait à être paralysé, même temporairement. Peut-être que le succès de cette action nous invite à réfléchir à un mode d’organisation des villes plus résilient en cas de perturbation mineure.

Contact ; extinctionrebellion.rennes protonmail.com

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