Institut de démobilisation (section rennaise)
Sécurité générale : la liquidation de l’alcool. Lettre ouverte aux annonceurs de la campagne de publicité : « À ta santé ! »
Cahier 131 x 210 mm | 20 pages | ISBN : 978-2-919648-04-7 | Prix : 2,50 euros
À l’automne 2007, la Ville de Rennes et la préfecture d’Ille et Vilaine lançaient conjointement une grande campagne de prévention des conduites addictives liées à la consommation d’alcool, campagne plaisamment baptisée « À ta santé ! » Il s’agissait de convaincre les Rennais des dangers de l’ivresse publique en les noyant sous une avalanche d’annonces radiophoniques, d’affiches grand format illustrant crûment le côté obscur de l’alcoolisme (incontinence, violence, vomissements, accidents de la route), de slogans à deux degrés (« Avec l’alcool vous donnez le meilleur de vous-même », « L’alcool vous donne de belles couleurs »), de spots de trente secondes diffusés massivement dans les cinémas du centre-ville et de 50 000 flyers en papier glacé. Aux alentours du 21 juin 2008, afin de prévenir les débordements qui s’annonçaient pour la Fête de la musique, c’est une série de quatre affiches-choc en noir et blanc qui fit son apparition sur les panneaux publicitaires de la ville, affiches assimilant les fêtards et les ivrognes à de minables victimes (« fiesta/coma », « détendu/étendu »), à des brutes (« mort de rire/mort de peur ») et à des violeurs (« désirée/abusée »). « Pour que cette fête soit un moment musical et convivial », pouvait-on lire au verso des milliers de cartes postales distribuées à cette occasion.
Frédéric Metz
Les yeux d’Œdipe (inutiles, sauvés). Quand le google, face au monde, saura voir et nommer
Cahier 131 x 210 mm | 32 pages | ISBN : 978-2-919648-05-4 | Prix : 3,50 euros
Ce petit livre réfléchit aux conséquences qu’aura sur la Vision, sur le Regard, le couplage de nos ordinateurs sur les images du google (monde copié). Il dit que vont s’inverser les rapports entre expérience et connaissance – celle-ci allant se mettre à précéder celle-là…
Il prend le regard à son premier commencement : Perceval yeux fixés sur les trois gouttes de sang laissées sur la neige par l’oie blessée. Puis il dit que le problème de la reconnaissance, au sens où Aristote l’étudie dans la Poétique, va se trouver comme dissout. Que, partant, tragédies et comédies seront comme dissoutes… et qu’Œdipe, en sacrifiant sa vision, pourra sauver ses yeux…
« Il est curieux qu’on n’ait pas pensé au trouble (de civilisation) que cet acte nouveau apporte. Je voudrais une Histoire des Regards. » (R. Barthes)
Alors que la quasi totalité des articles et études portant sur le google s’en tient à la question des mondes virtuels, des mondes parallèles et des effets de déréalisation à venir, ce livre au contraire pose la question des conséquences du google à même l’expérience la plus simple et la plus quotidienne – au plus réel et au plus bas : dans une phénoménologie de la perception.
Ce petit livre est écrit comme pour Lucie de Syracuse, sainte aimée de Dante, protectrice de la Vue.
Nicolas Bon
Quel voleur accepte qu’on le vole ? Capitalisme et propriété privée
Livre broché 110 x 165 mm | 128 pages | ISBN : 978-2-919648-06-1 | Prix : 7,50 euros
Si les objets du monde sont bel et bien des poissons perdus, des res nullius ou des corps flottants, comme le gantier Mignot le montre ici, citant pêle-mêle Rousseau, Melville et saint Augustin, alors les individus qui s’en emparent sont eux-mêmes des inventeurs d’objets trouvés, c’est-à-dire des batteurs de grèves, des écumeurs d’eau douce, des « ravageurs » — c’est-à-dire encore des voleurs susceptibles de se faire voler à leur tour à tout moment. Simplement l’humanité se divise entre ceux qui s’efforcent de trouver là l’occasion de leur liberté, en renonçant aux chimères de la propriété privée, autrement dit en se laissant voler aussi souvent qu’ils volent, et tous les autres, ceux qui voudraient pouvoir voler sans jamais être volés eux-mêmes. Et ce n’est peut-être que ça, le capitalisme : cette supercherie ontologique concertée visant à organiser les conditions de monopole du vol légitime, en naturalisant le statut fallacieux et scélérat de poisson attaché, de res in patrimonio ou de corps-mort ; cet appareil de capture à grande échelle visant à s’approprier tyranniquement tous les vergers de la planète, sans admettre qu’on vienne y cueillir un seul de leurs fruits — car quel voleur accepte qu’on le vole ?
Institut de démobilisation (section rennaise)
Lettre à Paul Hutin, père fondateur de la dynastie des Lariflette
Cahier 131 x 210 mm | 20 pages | ISBN : 978-2-919648-07-8 | Prix : 2,50 euros
« Quand on pense, cher Paul Hutin, que certains critiques, qui n’ont jamais rien compris à l’humour Hutin, ont écrit qu’il eût été préférable que tu crèves dans une tranchée à Verdun, un obus dans le cul et une croix autour du cou, on tremble à l’idée de ce dont nous aurions été privés. Sans toi, jamais Ouest-France n’aurait vu le jour. »
Qui se souvient de Paul Hutin ? Père de François-Régis, grand-père de Jeanne-Emmanuelle, Paul Hutin a non seulement porté sur les fonts baptismaux le journal Ouest-France mais il a également fondé une brillante dynastie comique.
Dans cette lettre-hommage est retracé le parcours en zigzag de ce cher Paul Hutin, tout à la fois grotesque, surprenant, émouvant et drôle.
Il a semblé urgent à l’Institut de démobilisation, en ces temps d’incertitudes et de doutes, de rendre au fondateur de Ouest-France un hommage à sa hauteur afin qu’il demeure toujours présent et continue de nous inspirer.
Ces livres sont disponibles dans nos points de vente habituels (liste disponible sur notre site Internet : http://pontcerq.toile-libre.org) ou par correspondance (écrivez-nous au 12 rue de Chateaudun, 35000 Rennes).