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Des universitaires montent au créneau.

mercredi 15 mars 2006

La mobilisation contre le CPE a atteint les hautes instances universitaires puisque huit administrations d’université ont demandé le retrait.

Le président de l’université Bordeaux 3, le professeur Singaravelou, a indiqué lundi 13 mars devant une assemblée générale de ses étudiants que son conseil d’administration demandait le « retrait du CPE ». Il a précisé que le conseil d’administration avait « demandé le retrait du CPE à l’unanimité ». « On ne veut pas de ce CPE dont je vous rappelle que l’université a été l’une des premières à le condamner », a-t-il déclaré devant plus de 800 étudiants massés dans un amphithéâtre bondé. « Au-delà du CPE, c’est 30 ans d’échec de la politique de différents gouvernements qui se sont succédés », a-t-il ajouté. Et de conclure : « ce ne sont pas les interventions faites hier soir qui vont changer quoi que ce soit. »

« Mobilisation nécessaire »

Réunis en assemblée générale, les quelque 800 étudiants présents ont voté lundi à une large majorité un blocage total de l’université de Bordeaux 3 (lettres et sciences humaines) jusqu’à jeudi inclus pour exiger le retrait du CPE. Les étudiants ont voté à main levée et à une grande majorité pour la reconduction du blocage de l’université, qui est effectif depuis lundi matin. L’AG a eu lieu dans le plus grand amphithéâtre de l’université, comptant 700 places assises, et qui était bondé. Le président de Bordeaux 3 a encore assuré que les étudiants « sont dans leur droit mais (il faut que cela soit) dans le respect matériel et moral de l’autre ». « Ils font l’expérience de la démocratie. Je n’ai aucune raison de briser les étudiants », a-t-il dit. « La mobilisation est nécessaire et je le comprends. Qu’il y ait blocage ou non, je l’accepterai », a-t-il conclu.

Strasbourg et Tours s’associent

François-Xavier Cuche, le président de l’université Marc-Bloch de Strasbourg (lettres et sciences humaines), va demander à Dominique de Villepin de rétablir les conditions du dialogue. Et selon lui, cela « ne pourra se faire avec le maintien du CPE », a-t-il annoncé lundi. « Le but est de reprendre le dialogue et je crois qu’aujourd’hui il n’est pas possible tant que le CPE est maintenu », a-t-il déclaré. Par ailleurs, des étudiants de l’Université Marc-Bloch ont voté lundi la poursuite de l’occupation de locaux sans blocage des cours. La prise de position du président de l’Université de Strasbourg intervient alors que les demandes de retrait du CPE se multiplient dans les instances universitaires. Le conseil d’administration de l’université François-Rabelais à Tours a également voté lundi en séance extraordinaire une motion demandant le retrait immédiat de la disposition législative relative au contrat première embauche (CPE). Cette motion a été adoptée par 23 voix pour, 2 contre et 7 abstentions, a précisé l’université. « Le CPE intégré à la loi sur l’égalité des chances constitue, pour les jeunes de moins de 26 ans, une dérogation inacceptable au droit commun. La loi enferme durablement les jeunes, et notamment les diplômés de l’enseignement supérieur, dans une situation d’instabilité professionnelle limitant leur droit à construire leur avenir », indique le communiqué.

Après Paris, Toulouse et Nantes

Ces annonces s’ajoutent à celles des deux « doyens » (directeurs d’UFR) de l’université Denis-Diderot (Paris VII) qui ont également déclaré s’être associés aux prises de position de trois présidents d’université, Toulouse III, Nantes et Paris X, demandant le retrait du CPE. Jean-Pierre Vallat, directeur de l’UFR de géographie, histoire, droit, économie et Etienne Tassin, directeur de l’UFR de sciences sociales, ont ainsi adressé aux universitaires un message. Ils expliquent ainsi : « Nous nous estimons responsables de l’avenir des milliers d’étudiants que nous formons et en tant que tels, nous estimons de notre devoir de réagir ». « En l’absence de position du président de Paris VII, nous proposons de nous adresser au Premier ministre afin de demander la suspension du CPE et l’ouverture immédiate de négociations », ajoutent-ils.

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