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Déposition enquête publique forages Médréac.

mercredi 10 janvier 2007, par rennes info

Enquête forages - enquête d’utilité publique Médréac

Un document de Jean-Yves Morel qui pose la question de savoir si l’apport de deux captages nouveaux faiblement pollués ne servira pas à diluer une ressource largement dégradée ?

Le syndicat des eaux de Montauban de Bretagne envisage de procéder à deux nouveaux forages à Médréac de 800 et 200 m3.
La raison principale serait le manque de volume ?
Dans le dossier soumis à enquête ne figure aucun paramètre sur la qualité des eaux brutes des trois autres forages voire des autres ressources annexes.
Comment se faire une idée réelle de la situation, notamment sur les pesticides.
L’apport de deux captages faiblement pollués ne servirait-ils pas à diluer une ressource largement dégradée ?

La consultation et déposition en juillet 2005 à l’enquête publique concernant le dossier Crespel par notre association nous ont confirmé la dégradation générale des sols et de la ressource en eau sur le secteur de Montauban de Bretagne.

Nous avons pu constater sur ce même secteur de nombreuses infractions au code de l’environnement (épandages, drainages, illégaux ; installation classée non déclarée, trafic d’antibiotiques, gestion très discutable des boues de station d’épuration de l’usine d’Entremont, et autres rejets agroalimentaires, comblements des zones humides.

A Médréac dans le bourg même ; des gravats et remblais sont déversés illégalement en bordure du ruisseau pour gagner sur la ravin et aménager du stationnement pour les engins d’une entreprise de drainage et de l’autre pour agrandir le parking d’un garage.

La décharge fermée officiellement reçoit toujours des déchets, ou concernant la qualité de l’eau le curage des lagunes est reporté d’années en années sans que cela inquiète la municipalité, dont le maire est pourtant vice-président du SITCOM.

Il est entendu que pour pratiquer de nouveaux forages les périmètres de protection des forages en activité, doivent être effective. Hors il ne semble pas que ce soit le cas. l’année dernière le Maïs entourait le périmètre immédiat du captage de la Saudrais.
Captage le plus important qui alimente en majorité l’agroalimentaire de Montauban.

Pour se faire une idée plus précise des paramètres qualité quantités, le pétitionnaire ne s’appuie que sur des données de 2001. Il nous paraît étonnant que des données plus récentes ne soient pas disponibles. Peut-on se faire une idée du projet en se basant sur des données anciennes donc incomplètes.

Concernant les données environnementales du projet, elles sont aussi insuffisantes.

Une seule analyse d’eau pour les ruisseaux, a été réalisée en mars en période de déficit hydrique. Pas d’analyses des forages et puits privés et agricoles sur le périmètre concerné
Une étude faunistique, floristique, piscicole nous aurais été plus parlante sur la qualité des milieux. Le pétitionnaire a préféré ne pas nous en informer.
Hors l’abaissement de la nappe aura des conséquences sur les milieux ; elle était donc obligatoire.

Les données agronomiques ne sont guère favorables à la pérennisation de la ressource.

L’étude environnementale en soulignant « de fort reliquat d’azote et qu’il est difficile d’estimer les fuites réelles vers la nappe…. Et qu’il serait bon de réduire les apports fertilisant jusqu’à atteindre des bilans équilibrés », voire plus loin de réduire les cheptels, on peut toujours rêver. « Compte tenu du contexte agricole intensif l’emploi des produits phytosanitaires est largement répandu sur la zone d’étude » Un projet porcs est également en projet également sur le secteur. On trouve même une exploitation à 368 unités d’azote/ha.
L’étude fait une différence entre les maisons secondaires ou résidents permanents.
On ne voit pas en quoi on limiterait la possibilité de protéger le bien des uns et pas celui des autres.
Mais il est clair que l ‘assèchement des puits sera pour tout le monde un préjudice dont il faudra évaluer les mesures compensatoires.
Les tableaux descriptifs des cheptels font apparaître de nombreux élevages de porcs qui ne sont pas un gage d’évolution favorable (produits médicamenteux, germes, métaux lourds, hormones.
Il est évident que le cône de dépression suite à la mise en exploitation des forages sera suivi d’un transfert vertical des pollutions vers le captage.

En conclusion.

La mise en exploitation de deux nouveaux forages dans les conditions proposées à l’enquête nous semble une fuite en avant puisque aucune volonté ni mesures ne sont présentes pour pérenniser les ressources existantes.
Avant toute nouvelle mise en exploitation de nouveaux forages, la mise en place des périmètres de protection sur les trois forages en activité doit être terminée.
Sur les forages mis à enquête, les périmètres ne sont pas assez larges. En effet les mesures de protection sont illusoires compte tenu des systèmes de production et de la forte présence des élevages hors sols dont il serait intéressant de vérifier les cheptels, mais aussi l’état sanitaire(salmonelles).

Il est clair que dans les conditions présentées à l’enquête la pérennisation de la ressource n’est pas assurée.

L’autorisation consisterait à l’autorisation de polluer.

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