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Déclaration SUD Rail Bretagne Audience PEPY RAPOPORT du vendredi 15 janvier 2016

vendredi 15 janvier 2016

Monsieur le président,

Vous entendez souvent SUD Rail dénoncer le manque de cheminots dans les services pour faire fonctionner correctement l’entreprise. C’est à point vrai qu’aujourd’hui, une partie de notre délégation n’aura que quelques minutes pour s’absenter de son poste et venir vous rencontrer.

Nous tenons à souligner votre absence d’hier au tribunal d’EVRY suite à l’accident de Brétigny du 12 juillet 2013 ayant fait 7 morts et plusieurs blessés. Vous avez laissé nos collègues seuls face aux juges payer vos réformes néfastes à la sécurité ferroviaire. De plus nos collègues ont été convoqués en témoins assistés, c’est à dire comme personnes susceptibles d’être inculpé pour homicide. Il est plus facile pour vous d’être présent ici en opération de communication pour continuer la casse du service public SNCF, plutôt que d’assumer les conséquences d’une politique d’entreprise dégradant la sécurité du réseau ferroviaire face aux juges. L’accident ne vous a pas alerté pour revoir en profondeur votre politique alors que l’année 2015 s’est soldée par une augmentation du nombre d’accidents. Prenez en exemple la dérive en Normandie ou les déshuntages de 73500.

Nous ne sommes pas à l’abri de nouveaux évènements de sécurité. Les dirigeants en région Bretagne par soucis d’économie du personnel n’hésite pas à interpréter les textes réglementaires comme il leur plaît. Ainsi en s’appuyant sur une partie des textes réglementaires et en ignorant les autres, ils imposent aux conducteurs de conduire des trains sans réaliser les essais de freins en gare de Rennes. Tout cela pour une économie minime de personnel, si un train est dans l’impossibilité de freiner après une prise de service sans essais de freins, qui devra assumer l’accident ? Les cheminots du terrain ou la direction de l’entreprise ? Qu’en est-il de la rigueur dans la sécurité dont vous avez parlé encore récemment ?

Le nombre d’incivilités ne cesse d’augmenter en région Bretagne, un accord régional a été signé pour avertir tous les agents des services concernés en cas d’agression. Les établissements en Bretagne refusent de l’appliquer contrairement à ce qui se fait dans les autres régions. Nous demandons le respect du droit à l’information pour tous les cheminots en cas d’agression par mesure de prévention et comme prévu par les textes réglementaires et l’accord régional signé par SUD Rail.

D’autre part dans ce contexte d’agressions en hausse, de risque d’attentats, l’annonce que les moyens de la SUGE mis à disposition en Bretagne sont en baisse est plutôt malvenue et opposée aux discours comme quoi l’entreprise assure la sécurité des usagers et des cheminots.

L’annonce également que la direction bretonne va continuer de supprimer des contrôleurs à bord des TER en faisant rouler plus de trains en EAS signifie que les usagers du quotidien auront moins de service et de sécurité à bord des trains. Nous savons ce que la déshumanisation entraîne comme dégradation à bord des trains et nous nous demandons comment sera assuré le plan Vigiepirate dans ces conditions mais également l’assistance aux voyageurs en cas d’incident en ligne.

L’arrivée de la Ligne à Grande Vitesse sont néfastes pour le maintien d’un vrai service public ferroviaire en Bretagne. On nous dit gagner 37 minutes entre Rennes et Paris. Mais dans le même temps, ces 37 minutes ont déjà été perdues en relations internes en Bretagne. Il faut 30 minutes de plus pour aller de Brest à Quimper depuis le 12 décembre 2013, 19 minutes de plus entre Morlaix et Roscoff depuis le 13 décembre 2015.

Les usagers du train quotidien ont donc bien perdu en temps de parcours et ne bénéficieront pas des 3,4 milliards d’€uros qui ont été mis sur la LGV plutôt que sur l’entretien du réseau ferroviaire existant.

Pour finir, un projet de viaduc est en cours de finalisation pour remplacer le Passage à Niveau de St-Médard sur Ille où plusieurs accidents ferroviaires se sont malheureusement déroulés, le dernier ayant causé la mort de 3 personnes et faisant 45 blessés dont treize grièvement en 2011.

Il aura fallu attendre 4 ans pour que finalement, les dirigeants acceptent de remplacer ce Passage à Niveaux comme demandé par la Mairie de St-Médard, l’association des victimes et SUD Rail Bretagne et reconnaissent que la dangerosité de ce PN impose des mesures plus importantes.

Nous attendons toujours que la SNCF prennent ses responsabilités et mettent en place une limitation de vitesse pour les trains abordant ce PN en attendant les travaux et afin d’éviter un nouveau drame.

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