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Contre le racisme et l’état d’urgence, une manifestation réussie à Pontivy !

mercredi 23 décembre 2015

groupe libertaire Lochu (Vannes)

Samedi 19 décembre, 250 personnes ont manifesté à Pontivy contre la xénophobie, les violences d’extrême-droite et... l’état d’urgence qui s’apparente par bien des aspects à une politique d’extrême droite justement. Face à leur idéologie et pratique liberticides, nous avons affirmé nos valeurs de résistance, de solidarité, notre volonté de ne pas plier à quelque injonction d’où qu’elle vienne (de l’État, des religieux, des partis de gauche et de droite, des fascistes) mais au contraire de toujours œuvrer à la transformation de la société vers l’autogestion et l’entraide : sans classes, sans État (qui est une forme d’oppression de classe), sans patriarcat, sans racisme.

Il nous a plu aussi de nous rassembler et défiler contre l’extrême droite une semaine après les élections. En effet, pour nous, le nationalisme se combat au quotidien, dans la rue, au travail, partout. Déposer un bulletin dans une urne pour des partis dont la politique engraisse ceux de l’extrême droite n’est pas notre combat.

Alors qu’en début de semaine, la Préfecture déclarait ne pas avoir assez de moyens pour garantir la sécurité, elle a su bizarrement trouver les forces pour nous encadrer.

Notre déambulation fut, comme annoncée, pacifique, joyeuse et déterminée, avec sa batucada rose, ses clowns et ses banderoles aux slogans bien sentis.

Nous avons dénoncé bien sûr la duplicité de la Préfecture, de la Mairie (droite), de l’Union des commerçants qui ont tenté et réussi largement à démobiliser (alors que toutes les garanties avaient été données pour que le marché de Noël ne soit pas perturbé et pour le caractère festif et pacifique de notre marche). Mais, pour notre part, groupe libertaire Lochu de Vannes, si nous avons bien perçu le contexte local de pression à la fois par les trois institutions ci-dessus, par les milieux d’extrême-droite qui prétendaient nous empêcher d’être là, nous ne comprenons pas (ou nous comprenons trop) le recul des organisations locales suivantes : Alternative Citoyenne, Attac 56, Confédération Paysanne, CGT, FSU, Ensemble, Parti de Gauche, PCF, RESF.

Les député-e-s, sénateurs et sénatrices de ces militants ont voté l’état d’urgence. Pourtant, dans leurs rangs, beaucoup ont dénoncé les dérives liberticides inhérentes à un tel choix politique (sur plus de 2500 perquisitions, de centaines d’assignations à résidence et d’arrestations parfois à caractère politique, seules 2 arrestations donnent lieu à des poursuites dans le cadre des attentats).

Le lundi, le collectif local maintenait l’appel à manifestation du samedi, quand bien même elle serait interdite (cf. ce communiqué http://rennes-info.org/Reponse-du-C...).

Mais en cours de semaine, une partie du collectif (cf. les organisations citées plus haut), malgré son affirmation de départ, recule, se réunit sans consulter les autres membres ni les soutiens et déclare mensongèrement la démobilisation au nom de TOUT le collectif. Est-ce un acte vraiment démocratique ?

Finalement, sous la pression, les membres de ces organisations ne consultent qu’eux-mêmes, décident pour toutes et tous et s’enfuient en obéissant aux injonctions administratives de l’État. Pourtant, la véritable éthique se jauge dans les moments de tension. Leur incohérence politique et leur fuite des responsabilités devraient les interroger.

De fait, ces organisations s’accommodent de cette société de classes, de plus en plus policière, tant elles semblent toujours avoir peur qu’une partie de la population s’organise, revendique en dehors du cadre (carcan) qu’elles définissent.

Heureusement, d’autres ont maintenu le cap, gardé leur cohérence, et assumé un appel à rassemblement pour accueillir toutes les personnes et tous les groupes qui ressentaient le besoin d’exprimer leur refus de la xénophobie et qui refusent qu’au nom de l’état d’urgence, on leur interdise de manifester. Ô combien aurions-nous été sans les manœuvres conjuguées de la Préfecture, de la mairie, de l’Union des commerçants et de ces organisations ayant capitulé ?! Dans les jours qui précédaient, de partout en Bretagne, nous entendions que la mobilisation prenait une belle ampleur. Et c’est sans doute cela que redoutaient tous ces gens et leurs organisations s’inscrivant dans le cadre défini par le Pouvoir (qui les méprise et s’en sert). Nous fumes néanmoins 250 à désobéir, à ne pas nous taire. Et c’est ainsi que, collectivement, comme une évidence, le rassemblement s’est transformé en manifestation.

Pour notre part, groupe libertaire Lochu, certes avec nos petits bras, mais néanmoins bras dessus bras dessous, nous serons toujours là pour faire face à l’oppression et l’exploitation dont le fascisme est une des expressions. Et nous ne croyons pas travestir ainsi la parole de toutes et tous les anarchistes en affirmant que c’est aussi leur cas.

Vous trouverez ci-dessous le texte du tract que nous avions rédigé pour l’occasion. Nous avions volontairement écarté la partie dénonciatrice (que vous trouvez finalement ci-dessus dans le compte-rendu ! ;-)), pour mettre en avant les valeurs qui fondent notre combat et qui étaient présentes dans l’appel à mobilisation.


Nous, groupe libertaire Lochu (Vannes),

avons signé cet appel à manifestation pacifique et festive contre la violence d’extrême-droite, car nous nous reconnaissons dans les valeurs de droits humains, d’expression, de solidarité, d’égalité entre les personnes, les peuples et les cultures.

La société anarchiste que nous défendons, grâce à l’autogestion, cristallise naturellement ces valeurs égalitaires et solidaires.

Qu’est-ce que l’autogestion ?

L’autogestion est une forme de démocratie directe.

Concrètement, c’est une société sans capitalisme ni planification autoritaire, ni système hiérarchique.

Chaque individu, quelles que soient ses origines, son âge ou son sexe, y est acteur et libre, tant dans les prises de décision que dans le partage des tâches, au travail comme dans la cité.

Les individus n’ont pas à se soumettre à un État ou à un-e exploitant-e. Ils et elles sont des autogestionnaires, à la fois dirigeant-e-s et exécutant-e-s des tâches qu’ils ont acceptées après les avoir examinées et en avoir débattu.

Au travail, l’égalisation des rémunérations est favorisée et même l’abolition de l’argent, lequel peut être remplacé par l’échange et/ou le don.

Chacun-e produit des services ou des marchandises, tout en prenant en compte les impacts écologiques et sociaux liés.

Chacun-e décide de la gestion économique et sociale non au profit de quelques-un-e-s mais pour toutes et tous et dans l’intérêt de chacun-e.

Dans la cité, lors de réunions dans sa commune ou quelque soit le collectif ou l’association, l’individu décide, valide et participe aux affaires qui le concernent lui et son environnement social.

Si besoin, des individus sont alors mandatés pour mettre en œuvre des tâches décidées ensemble et qu’ils ont choisies. Ce mandat est révocable par tous les individus du collectif et n’accorde aucun privilège. Aucun individu ou groupe ne doit s’imposer. C’est à l’assemblée et à chacun-e d’y veiller.

Dans cette société, chaque individu a les moyens de s’éduquer et d’acquérir les connaissances et compétences dont il a besoin pour mettre en œuvre son autonomie en harmonie avec le collectif.

Un gouvernement ou un chef quels qu’ils soient sont fauteurs de désordres. L’anarchie est l’ordre moins le pouvoir : pour nous, seule une société sans gouvernement, fondée sur la coopération volontaire, sur la liberté et la solidarité offre la justice sociale.

Si l’autogestion généralisée de la société est un objectif, dès aujourd’hui partout dans notre vie, il est possible d’apprendre et d’expérimenter librement des échanges égalitaires.

Blog : http://anars56.over-blog.org/

NDLR :

Salut à toi Leo qui nous suit de loin et qui nous espérons fait un beau voyage

Salud y anarquia

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