Communiqué DAL 35
Le Réseau logement 35 interviendra au prochain conseil municipal de Rennes, le 8 février 2010, sur l’accueil discriminatoire réservé aux demandeurs d’asile en mairie.
Le Dal35 remercie et soutient ses partenaires du Réseau logement 35 pour cette initiative.
Le Dal35 ne peut hélas que confirmer l’application de consignes restrictives à l’encontre des migrants et des associations militantes sur le droit au logement mises en place par la ville de Rennes et ses élus.
Certes, il sera rappelé que le logement des demandeurs d’asile est de la compétence de l’État et de la préfecture en particulier.
Certes, nous reconnaissons que la municipalité rennaise intervient régulièrement sur le sujet pour s’imposer comme une partenaire et médiatrice incontournable dans les négociations auprès des autorités concernées, allant jusqu’à mettre à disposition 32 logements....
Mais en vain.... puisque ces logements sont toujours vides, comme tant d’autres, et le nombre de personnes sans hébergement pour le moins constant.
Bien évidemment la mairie de Rennes ne peut et ne doit se substituer à l’État pour tout et toujours.
Cependant le respect des droits fondamentaux pour tous doit rester indiscutable.
Limiter ou interdire le droit de circuler, de représentation, de revendication, de rassemblement, exceptionnellement ou temporairement, qui plus est à destination des plus démunis, de surcroît étrangers, est sans contestation possible antidémocratique mais avant tout contreproductif pour qui prétend vouloir défendre et trouver une solution rapidement pour les sans-abri.
Nous souhaitons voir la ville de Rennes en finir avec ses contradictions récurrentes, qui consistent à tenter artificiellement de réduire toute visibilité du problème et sa médiatisation, en utilisant si nécessaire des méthodes contestables, pour prétendre affirmer à la suite, utiliser tous les moyens en son pouvoir pour résoudre les dysfonctionnements avérés, concernant l’hébergement des demandeurs d’asile à la rue sur son propre territoire.
Question en séance au conseil municipal de Rennes le lundi 8/02/2010 par le "Réseau LOGEMENT pour TOUTES et pour TOUS en ILLE ET VILAINE"
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs les conseiller-e-s municipaux/ales,
Cette question vous est posée par le réseau logement 35, qui regroupe des organisations politiques (Les Verts, NPA Nouveau Parti AntiCapitaliste, AL Alternative libertaire , FASE Fédération pour une Alternative Sociale et Solidaire...), syndicales (Solidaires, CNT Confédération Nationale du Travail...) et associatives (MRAP Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples, DAL Droit Au Logement, Relais étrangers...) ainsi que des individus.
Depuis maintenant plus de 5 mois, l’association Droit Au Logement 35 tente de trouver des solutions de logements décents pour les demandeurs d’asile à la rue sur le territoire de la ville de Rennes. Dans cette optique, le DAL 35 vient tous les mercredi à la mairie solliciter l’élu-e de permanence sur la situation de plusieurs personnes, parmi lesquelles souvent des femmes enceintes, des couples, des enfants, des personnes malades...Ces personnes vivant sur votre territoire, il est de votre devoir de les recevoir décemment et de rechercher des solutions à leurs problèmes.
Malheureusement, depuis quelques temps, l’accueil qui leur est fait s’est gravement dégradé. Les personnes concernées ne peuvent plus entrer librement dans la mairie, l’accès leur étant barré par la police municipale.
Elles doivent alors patienter dehors, parfois sous la pluie et dans le froid, en attendant qu’on daigne éventuellement les recevoir.
Les militants du DAL 35 et les demandeurs d’asiles n’ont jamais créé de problème lors de ces actions du mercredi.
Pourtant, il s’avère que les policier-e-s municipaux/ales filtrent l’accès à la mairie, refusant uniquement les personnes liées au DAL 35. Il s’agit là d’un cas flagrant de discrimination, sur lequel nous envisageons de saisir la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité (HALDE) si la mairie ne change pas d’attitude.
La question que nous souhaitons poser au conseil municipal est donc la suivante :
Pourquoi la mairie accueille-t-elle les militants du DAL 35 et les demandeurs d’asile de manière aussi indigne ?
De quel droit se permet-elle de mettre en place une politique discriminatoire d’accueil des habitant-e-s de sa commune ?
Nous vous remercions de votre attention