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Chuck Berry & Keith Richards - Oh Carol

vendredi 25 décembre 2015

Chuck Berry & Keith Richards - Oh Carol from Music Management USA on Vimeo.

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Chuck Berry, pionnier et légende du rock’n’roll, meurt à 90 ans

par Bill Trott

LOS ANGELES (Reuters) - Chuck Berry, l’une des plus grandes figures du rock’n’roll et auteur de standards inoubliables comme « Johnny B. Goode », « Roll Over Beethoven » ou « Sweet Little Sixteen », est mort samedi dans sa maison du Missouri à l’âge de 90 ans.

Le chanteur guitariste a été retrouvé inconscient par les services d’urgence, rapporte la police du comté de St Charles.

Considéré comme l’un des fondateurs du rock’n’roll dans les années 50, Charles Edward Anderson Berry en a été sa première star avec son rockabilly mâtiné de blues et de jazz.

Son style, qui a su d’emblée séduire la jeunesse blanche fascinée par le rock, a été imité par la suite par nombre d’artistes blancs qui ont finalement dominé la pop américaine.

« Shakespeare du rock’n’roll » selon Bob Dylan, il a été l’un des premiers à écrire et interpréter ses propres chansons. Son influence a été considérable sur une génération de musiciens, de Keith Richards, le guitariste co-fondateur des Rolling Stones, aux Beatles en passant par Bruce Springsteen.

Même si les thèmes étaient simples - la fête, le flirt, les voitures - les textes étaient très travaillés, empreints d’humour, parfois un rien paillards.

Les plus grands artistes du rock et de la pop ne s’y sont pas trompés et ont très largement repris ses succès : des Beatles aux Rolling Stones en passant par les Beach Boys, sans oublier le roi du rock lui-même, Elvis Presley.

« Si vous voulez donner un autre nom au rock’n’roll », a un jour déclaré John Lennon, « vous devez l’appeler Chuck Berry. »

Et quand Keith Richards a accueilli l’artiste au Rock and Roll Hall of Fame en 1986, il l’a présenté comme « le monsieur à l’origine de tout cela. »

Lui rendant hommage sur Twitter à l’annonce de son décès, Bruce Springsteen a vu en lui « le plus grand des rockers, le plus grand guitariste de rock et le plus grand parolier de pur rock’n’roll qui ait jamais vécu. » Le chanteur des Rolling Stones, Mick Jagger, a tweeté : « Chuck, tu étais extraordinaire, ta musique est gravée en nous à jamais. »

4.000 FOIS

Il y a cinq mois, pour son 90e anniversaire, Chuck Berry avait annoncé la sortie dans le courant de l’année d’un nouvel album, le premier depuis 38 ans. Intitulé « Chuck », il était dédié à sa femme, Themetta « Toddy » Berry, à laquelle il était marié depuis 68 ans. « Ma chérie, je me fais vieux ! Je travaille sur ce disque depuis longtemps. Maintenant je peux raccrocher », avait-il écrit à cette occasion.

Chuck Berry s’est fait connaître alors que la ségrégation raciale était encore de mise aux Etats-Unis.

Mais pour les jeunes, quelle que soit la couleur de leur peau, il était difficile de résister à un rythme si entraînant et à l’irrésistible « marche en canard » (jambes pliées, mouvemment saccadé de la tête d’avant en arrière) qu’il avait inventée et qui a été copiée par maints artistes.

Le chanteur guitariste affirme avoir effectué sa « duck-walk » plus de 4.000 fois sur scène. Il a raconté avoir inventé cette pantomime quand il était enfant pour faire rire sa mère alors qu’il cherchait une balle sous la table.

Certains critiques ont suggéré qu’il n’écrivait que les paroles de ses chansons et que c’était son ancien pianiste, Johnnie Johnson, qui composait les airs. Ce dernier a poursuivi Chuck Berry en justice en 2000 pour obtenir des royalties, en disant que les deux hommes avaient collaboré à égalité sur de très nombreux succès. Il a été débouté.

C’est en tout cas avec Johnnie Johnson que Chuck Berry a commencé à monter sur scène. En 1953, à 27 ans, il joue dans les clubs noirs de la région de St Louis avec le Sir John’s Trio. Rendant hommage au talent, au charisme et au sens des affaires de Chuck Berry, le groupe devient le Chuck Berry Trio.

Sur les conseils de la légende du blues Muddy Waters, Chuck Berry auditionne pour Chess Records, célèbre maison de disques de Chicago. Il en sort le très rockabilly « Ida Red », devenu succès mondial une fois rebaptisé « Maybellene ».

SCANDALE

A la sortie du disque, Chuck Berry s’est dit stupéfait de voir que deux autres personnes étaient inscrites comme coauteurs de « Maybellene ». Ce qui l’a privé de certaines royalties.

Il s’agissait du système dit « payola » selon lequel les maisons de disques versaient des sommes à des stations de radio dans les années 1950 pour que leurs morceaux soient diffusés en priorité. Il a par la suite récupéré tous les droits.

Chuck Berry et Johnnie Johnson ont travaillé ensemble pendant une trentaine d’années sur de très nombreux airs, notamment « Roll Over Beethoven », « Reelin’ and Rockin’ », « No Particular Place to Go », « Memphis » et « Sweet Little Sixteen ».

Mais un seul single de Chuck Berry se hissa en tête des hit parades, « My Ding-a-Ling » (1972). La chanson a fait scandale en son temps car elle faisait apparemment référence à la sexualité des jeunes. Beaucoup de radios refusèrent de la diffuser.

L’héritage de Chuck Berry a été terni par sa réputation d’avare au caractère difficile et par ses ennuis judiciaires.

Cette réputation apparaît dans un documentaire de 1987, « Hail ! Hail ! Rock and Roll », centré sur le concert organisé par Keith Richards pour le soixantième anniversaire de Chuck Berry. Selon les réalisateurs, Chuck Berry refusait d’être filmé si on ne lui donnait pas un sac de billets.

« D’une certaine façon, c’était un personnage étrangement bas de gamme », dira Mick Jagger au magazine Mojo. « Toujours grossier. Il est vraiment devenu une parodie de lui-même. »

« YOU NEVER CAN TELL »

Né le 18 octobre 1926 à Saint-Louis, dans le Missouri, Chuck Berry était le troisième d’une famille de six enfants. Son père était entrepreneur et diacre, sa mère institutrice. Ils habitaient la Ville, un quartier noir relativement prospère.

Les démêlés du jeune Berry avec la justice commencent assez tôt. Adolescent, il est envoyé dans un établissement d’éducation surveillée pour vol à main armée. A sa libération à l’âge de 21 ans, il travaille en usine automobile, puis en tant que photographe. Il suit aussi une formation de coiffeur.

Il est renvoyé en prison en 1962, pour 18 mois, pour avoir engagé au club de St Louis une jeune Apache de 14 ans, rencontrée au Texas. Elle a ensuite été arrêtée pour prostitution. Il est condamné pour avoir enfreint la loi interdisant de faire passer une mineure d’un Etat à l’autre pour l’exploiter.

Il écrit plusieurs chansons pendant son incarcération, notamment « No Particular Place to Go » et « You Never Can Tell ».

En 1979, il est condamné à quatre mois de prison pour fraude fiscale. Dans les années 90, un certain nombre de femmes l’accusent de les avoir filmées dans les toilettes de son restaurant-club de Mentzville, dans le Missouri.

Si les succès cessent, les hommages continuent. Chuck Berry jouait une fois par mois dans une discothèque de St. Louis a plus de 80 ans passés.

Ultime illustration de son influence, une version de « Johnny B. Goode » a été placée dans la série d’enregistrements envoyés dans l’espace à bord de la sonde Voyager 1 lancée par la Nasa en 1977 à la rencontre d’éventuels extra-terrestres.

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