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Blocs opératoires du CHU de Rennes : Réorganisation ou désorganisation ?

mardi 29 janvier 2013

Syndicat Sud CHU Rennes

Depuis le 19 novembre 2012, date d’ouverture des urgences du Centre Urgences Réanimation (CUR), les problèmes liés à l’organisation dans les blocs opératoires sont encore plus désastreux que ce que nous avions envisagé. L’objectif de la nouvelle organisation étant de faire toutes les urgences dans les salles d’opération du CUR, seules les opérations programmées seraient réalisées dans les blocs opératoires dédiés aux spécialités.

Pour atteindre cet objectif, la Direction a imposé de nouvelles amplitudes horaires, passant de 8h00 à 10h00. Le refus massif des infirmiers de bloc et infirmiers anesthésistes s’exprime encore et toujours par une grève reconductible depuis le 21 mai 2012.

La Direction avait annoncé dans plusieurs instances d’établissement que seulement 4 des 5 salles du nouveau bloc opératoire du CUR seraient ouvertes en même temps. A effectif constant, la charge de travail s’accroissait déjà, passant de 3 salles d’opérations dans l’ancien bâtiment des urgences, à 4 salles dans le bloc opératoire du CUR. Or aujourd’hui, ce sont les 5 salles du CUR qui sont ouvertes ensemble, laissant le personnel face à une charge de travail démesurée et sur une amplitude de travail de 10 heures.

A cela, la Direction a jugé bon, par souci économique, de remplacer le personnel de garde sur place par une astreinte à domicile, qui vient ajouter de la fatigue et de la pénibilité à ces nouvelles organisations de travail. Ainsi, ces professionnels ont le plaisir de travailler au minimum 10 heures à 12 heures par jour, avec des périodes d’astreintes travaillées pouvant atteindre régulièrement les 8 à 10 heures de travail. Au total, les heures de travail cumulées peuvent atteindre 20, 21, 22, 23, 24 heures !

C’est un choix que fait la Direction de mettre des astreintes à domicile plutôt que de laisser des professionnels sur place en travail effectif. Un choix comptable, basé sur des « probabilités », qui ferait apparaître de faibles taux de déplacements prévisibles, « probabilités » qui laissent la Direction face à la perte de chance du patient, souvent évoquée par cette même Direction.

Dans les blocs opératoires dits « de spécialités » (digestif, neurochirurgie, vasculaire, urologie, ORL, orthopédie ...), cette nouvelle organisation avait pour but de limiter, selon les dires de la Direction, les dépassements horaires qu’effectuaient presque quotidiennement les agents des blocs opératoires.

En passant donc de 8 heures à 10 heures d’amplitude de travail, les dépassements horaires devaient disparaitre, selon les dires de la Direction. Ces blocs opératoires n’effectuant plus que des opérations programmées, déchargés de toutes urgences, la situation ne pouvait que s’améliorer. Encore une fois, il n’en est rien !

Les dépassements horaires ont toujours lieu, les temps de pause pour les repas ne sont pas respectés, à cela s’ajoutent maintenant des astreintes à domicile après les journées de travail.

Dans cette réorganisation du CUR, dans des locaux certes neufs, l’activité opératoire a déjà augmenté de 70 %, alors que les effectifs ont été parfois revus à la baisse, notamment la nuit.

Au lieu d’adapter les effectifs à la charge de travail, la Direction a imposé son choix de faire travailler les équipes en diminuant les effectifs, face à une charge de travail augmentée et que cette Direction a sous-évaluée. Cela, sans tenir compte des multiples mises en garde des professionnels concernés et les représentants du personnel auprès des Directions du CHU, des instances d’établissements (Commission Médicale d’Etablissement, Comité Technique d’Etablissement, CHS-CT), de la direction de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Bretagne, de la Direction Générale de l’Organisation des Soins, des sénateurs (DGOS), des députés, du ministère de la santé et la rencontre avec le Président de la République Française.

A notre demande, la Direction du CHU de Rennes a finalement accepté un rendez-vous avec les représentants du personnel le vendredi 21 décembre 2012. Nous leur avons exposé à nouveau tous ces problèmes résultant de la réorganisation des blocs opératoires et demandé d’apporter des réponses en rapport avec nos revendications. Notre proposition de repousser l’échéance de la mise en place des astreintes à domicile, en les remplaçant par une garde sur place au bloc opératoire des urgences, n’a visiblement pas été retenue.

Aujourd’hui, rien n’a changé. Si la difficulté croissante à travailler dans de telles conditions n’a pas entamé la motivation et l’engagement des professionnels des blocs opératoires dans leur exercice, la fatigue et la souffrance au travail n’en sont pas moins de plus en plus réelles et pesantes pour ces équipes.

Nous revendiquons toujours dans le cadre du préavis de grève reconductible depuis le 21 mai 2012 :

* Le maintien des horaires en 8 heures d’amplitude
* Le refus des horaires en amplitude de 10 heures 30 (10 heures aujourd’hui)
* La création des emplois nécessaires au bon fonctionnement des blocs opératoires

Depuis, s’est ajouté le fait d’avoir imposé les astreintes aux agents ne souhaitant pas ou ne pouvant pas en faire et de la réelle pertinence de ces astreintes.

Ce passage en force que nous dénonçons depuis avril 2012 est le triste reflet d’une politique interne désastreuse et d’un management sans état d’âme pour le personnel, exercés par une Direction peu scrupuleuse. Tout cela au détriment de la santé mentale et physique et de la sécurité du personnel et du patient.

En attendant que la Direction fasse le constat de la situation et reconnaisse les dégâts occasionnés, nous affirmons à nouveau notre volonté de voir ces horaires, ces organisations et les effectifs à la hauteur des ambitions du CHU de Rennes.

http://www.sudsantesociaux35.org/

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