Accueil du site > Art & culture... > Archives Art & culture 2007 > « Bamako », film d’action et de justice

« Bamako », film d’action et de justice

mardi 24 octobre 2006

Semaine du 25 octobre au 31 octobre 2006

http://www.cinema-arvor.fr/

Titre : Bamako
Film : France/Mali - 2006 - Tout public
Durée : 1:58 - couleur - VO STF
Réalisé par : Adberrahmane Sissako
Avec : AÏssa Maïga, Tiécoura Traoré, Maïmouna Hélène Diara
Séances : tljs à 13:45 16:00 20:15
Exclusivité en sortie nationale

Synopsis

Bamako. Melé est chanteuse dans un bar, son mari Chaka est sans travail, leur couple se déchire ... Dans la cour de la maison qu’ils partagent avec d’autres familles, un tribunal a été installé. Des représentants de la société civile africaine ont engagé une procédure judiciaire contre la Banque mondiale et le FMI qu’ils jugent responsables du drame qui secoue l’Afrique. Entre plaidoiries et témoignages, la vie continue dans la cour. Chaka semble indifférent à cette volonté inédite de l’Afrique de réclamer ses droits ...

Repères

Créés au lendemain de la seconde guerre mondiale à Bretton Woods (Etats-Unis) et basés à Washington, le FMI et la Banque Mondiale ont aujourd’hui pour missions principales la régulation du système financier international et l’octroi de prêts aux pays en développement.

Face aux difficultés de nombreux pays à rembourser leur dette, les pays riches ont exigé au début des années 1980 la mise en place de programmes dits « d’ajustement structurel », fixant ainsi les règles du jeu dont dépend le sort de millions de personnes.

Les gouvernements des pays très endettés se sont ainsi vus dicter par les représentants des institutions financières internationales la politique à suivre pour rétablir leur équilibre financier. La plupart des pays d’Afrique subsaharienne se trouvent aujourd’hui sous ajustement structurel. D’inspiration très libérale, les programmes d’ajustement servent principalement les intérêts des pays riches, Etats-Unis et Europe en tête. Les réformes imposées aux pays du Sud sont toujours les mêmes alors que, paradoxalement, elles sont loin d’être appliquées dans les pays du Nord : suppression des subventions accordées par l’Etat (agriculture, textile, ...), démantèlement des services publics, licenciement des fonctionnaires (instituteurs, médecins, ...). Les privatisations des sociétés nationales des pays endettés, qui géraient notamment les richesses naturelles, l’eau, l’électricité, les moyens de communication et de télécommunication, sont presque toujours effectuées au profit des multinationales des pays riches. Les contrats, négociés dans un contexte où se mêlent pressions politiques et corruption, sont systématiquement en faveur des multinationales.

Dans le même temps, les populations des pays placés sous ajustement structurel n’ont cessé de s’appauvrir, avec pour conséquences la diminution de l’espérance de vie, l’augmentation du taux de mortalité infantile, la baisse du taux d’alphabétisation.

La quasi totalité des rapports officiels soulignent que les « pays pauvres très endettés » sont plus pauvres aujourd’hui qu’il y a vingt ans.

Or, si l’on tient compte de l’ensemble des flux financiers et des transferts de richesses, les pays africains ont fait plus que rembourser leur dette aux pays riches. Beaucoup d’entre eux ont dû tout céder et ne pourront plus assurer leur développement futur. L’annulation éventuelle et tardive de la dette apparaît désormais comme un leurre.

Abderrahmane Sissako

http://www.bamako-film.com/

Proposer un complément d'infos

SPIP | Par défaut, SPIP notre CMS est respectueux de la vie privée de ses visiteurs et ne pose pas de cookies de traçages ou publicitaires. Suivre la vie du site RSS 2.0