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Alternative : le débat Olivier, Marie-George, José, Arlette.

lundi 8 mai 2006

Le Monde daté du 28 avril a publié une tribune d’Olivier Besancenot intitulée « Marie-George, Arlette, José... si on causait ». Ce texte a suscité de nombreuses réactions. Alain Krivine commente les réactions des interpellés.

Partant de l’aspiration unitaire très forte et légitime qui existe dans le pays après la victoire du 29 Mai et celle contre le CPE, Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, précise, dans les colonnes du Monde du 28 avril, les obstacles à surmonter. Le contenu d’un programme en faveur de candidatures unitaires doit être anticapitaliste : « Il faut en finir avec toutes les politiques libérales, même lorsqu’elles ont été menées par la gauche au pouvoir » et de préciser le contenu de ce que pourrait être « un plan de mesures d’urgence sociale et démocratique ».

Olivier Besancenot explique que « l’espoir consiste donc à s’opposer à la droite et à résister au social-libéralisme, en refusant, par exemple, les accords parlementaires et gouvernementaux avec le PS. [...] Il n’y a pas de synthèse possible entre l’antilibéralisme et le social-libéralisme ». Le choix est simple : « Rassemblement des forces antilibérales et anticapitalistes » ou « caution de gauche à une nouvelle alternance sous l’aile du PS ». C’est pour discuter de la première hypothèse que le porte-parole de la LCR propose une bouffe entre les quatre « qui se sont prononcés, ensemble ou séparément, pour un rejet antilibéral et internationaliste du traité constitutionnel européen ».

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Le soir même, avant le meeting de Japy, Marie-George Buffet déclarait refuser un dîner à quatre, car « ce sont de vieilles conceptions d’état-major qui décident. [...] Ce qu’il faut, c’est un banquet avec toute la gauche et le peuple, avec l’objectif de parvenir à un rassemblement antilibéral qui se traduise dans des candidatures unitaires ». Le lendemain, Patrice Cohen-Seat, autre dirigeant du PCF, précisait : « Pourquoi exclure les socialistes ? Opposer une partie de la gauche à l’autre avec la certitude que la droite tirera les marrons du feu ? »

Pour Arlette Laguiller (Lutte ouvrière), la proposition d’Olivier Besancenot est pleine d’illusions sur les partenaires et pas claire sur le contenu : « Je suis la seule à vouloir m’attaquer aux profits. » Mais elle ne refuse pas de discuter. Enfin, pour José Bové, il faut que toutes les composantes du mouvement social « se mettent autour d’une table pour élaborer des projets », même « si ce n’est pas complètement absurde que des gens se rencontrent ». Bref, pour lui, le choix d’une candidature est prématuré. Quant aux candidatures socialistes, il attend pour « juger sur pièces ».

La réponse de la direction du PCF confirme, malheureusement, les deux désaccords que nous connaissions. D’abord, l’illusion que l’on peut convaincre le PS d’adopter une orientation anticapitaliste et, donc, le choix de construire une majorité, voire un gouvernement, avec lui. Ensuite, la réponse démagogique que c’est le peuple réuni, on ne sait où, qui va élaborer le programme. Surtout, quand on voit que les forums organisés par le PCF rassemblent encore moins de monde que le nombre de militants.

Alain Krivine

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