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A propos du « plus lamentable congrès de l’union départementale cgt depuis 10 ans » par Christian Delarue

lundi 24 octobre 2005

A propos du « plus lamentable congrès de l’union départementale cgt depuis 10 ans ».

Voici quelques éléments d’appréciation sur le congrès de l’UD CGT 35 . Il ne s’agit pas d’être exhaustif . Difficile d’ailleurs de tout embrasser quand le congrès lui même et resté d’une superficialité affligeante . Conçu par les dirigeants comme un passage obligé par les statuts il ne visait nullement à donner la parole aux délégués des syndicats, sauf pour les bénis oui-oui .

Autre précision nécessaire : mon point de vue n’est pas celui de Sirius, il émane d’un candidat critique non élu quoique actif sur la ville et le département. Plusieurs camarades (communaux et STM notamment) dégoûtés de ma non élection et du congrès en général n’ont d’ailleurs pas manqué de rapprocher mon éviction de la différence de pratiques syndicales entre la direction de l’UD 35 d’une part et celle que je mets en application d’autre part . Au delà de mon implication personnelle dans ATTAC et dans le collectif pour une autre Europe c’est en fait à la pratique de mon syndicat qu’il convient de se référer . Je suis bien, comme d’autres camarades, candidat du SNADGI-CGT 35 . Mon syndicat adoptera sûrement dans les prochains jours une analyse collective de ce congres . Mais il ne peut dire tout dire.

Cependant m’exprimant ici à titre personnel, je comprends bien que la diversité de mes implications locales me donne un profil syndical particulier ouvert, unitaire et disponible à la variété infinie des résistances au patronat et au néo-libéralisme des différents gouvernements tout en étant engagé pour le dégagement d’une perspective alternative. Je me sens à l’aise dans le mouvement critique contemporain qui vise à rassembler dans la diversité des syndicats et des associations comme ATTAC .

Il y a d’ailleurs un écart entre la prise de conscience opérée par le mouvement anti/altermondialiste et l’état du mouvement syndical qui semble rester dans l’ensemble comme beaucoup plus inscrit dans le champ de la « fin de l’Histoire » (Fukuyama) et qui en conséquence peine à se dégager de accompagnement social du libéralisme. Mon propos ne signifie pas que le syndicat devrait avoir un projet de société bouclé sur tout les sujets mais bien un projet proprement syndical qui donne une logique forte aux fameux « repéres revendicatifs » et qui puisse ainsi dépasser le discours répété à satiété de la syndicalisation de la CGT. Ce projet syndical CGT, notamment en 35, devrait permettre 1 de faciliter les mobilisations à partir des luttes de résistance qui, on le constate sociologiquement, se construisent presque toujours en contre (une loi, une mesure patronale...), 2 de lutter contre l’éparpillement des luttes et donc de faciliter les convergences pour assurer la réussite et ce sans penser à freiner le mouvement en vu de négociations ou au motif que le privé ne suit pas.

C’est aujourd’hui (à la suite de la période de manifestations en défense de la Sécurité sociale et contre la décentralisation Raffarin en 2003 , puis contre le plan Douste-Blasy en 2004, puis du positionnement laborieux de la CGT pour le NON au TCE et son application en Ille-et-vilaine) toute l’ orientation CGT qui est à la croisée des chemins , mais celle de l’UD 35 a dépassé les bornes de l’immobilisme . La question est : doit-elle 1 se limiter bec et ongle à une stratégie de confrontations-négociations (voir site confrontations et les positions de JCLD dans son dernier livre ) combinée à un éclatement des mobilisations ou 2 prendre à bras le corps le rassemblement le plus large des salariés qui veulent résister aux coups du patronat et des gouvernements de gauche puis de droite et qui in fine veulent « autre chose ». Dans ce cas il faut abandonner le sectarisme : le souci d’unité doit alors s’élargir bien au-delà de la CFDT et s’adresser sans exclusive non seulement à la FSU et au G10 Solidaires mais aussi à tous les secteurs associatifs en lutte contre le MEDEF à un titre ou à un autre .

Disant cela je n’anticipe pas sur un congrès confédéral . Je n’importe pas frauduleusement dans un congrés départemental des débats du futur congrès . Non je critique l’activité menée ici par cette UD et sa compréhension de l’orientation confédérale et sa déclinaison locale présente et future . Et cette critique pouvait très bien être menée dans le cadre départemental et ce pour deux raisons :

- Les interventions qui portent intégralement sur les revendications non portées ou que devraient porter la CGT se heurtent imanquablement à l’opposition formelle non seulement des dirigeants de l’UD mais aussi de l’immense majorité des délégués au congrès. Finalement elles irritent tout le monde et font le jeu de la direction . Cela ne signifie évidemment pas que les débats de fond ne doivent pas avoir lieu mais simplement qu’ils doivent être rapporté aux conflits locaux et à l’activité des responsables syndicaux en charge de la mise en oeuvre de l’orientation confédérale sur le territoire de leur compétence. Les interventions orales sur les mobilisations passées peuvent alors en conclusion ouvrir sur des modalités parfaitement possibles d’une autre pratique syndicale .

- Cette mise en oeuvre de l’orientation confédérale sur le territoire est variable d’un département à l’autre . Cet aspect n’est guère perceptible pour le syndiqué de base et même pour nombre de dirigeants de syndicats. Il importait de signaler ces différences. C’était de la responsabilité de l’opposition mais cette dernière fort hétéroclite n’a pas su dégager cet aspect. Rapporté aux autres départements bretons la politique de notre direction départementale de la CGT est réputée tout à la fois pour son incroyable sectarisme tant en externe qu’en interne et pour son orientation trés recentrée . Cette double critique n’est guère apparue .

Il est vrai que le congrès de Dinard a été verrouillé par l’appareil comme jamais . Il s’est déroulé sur un laps de temps très court : un jour et demi. Passé la longue lecture des rapports accompagnée d’un diaporama le temps et les moyens alloués au débats fut réduit . Évidemment les moyens matériels comme diaporama étaient absents pour les opposants . Mais de plus aucun texte alternatif n’avait émergé . Oppositions trés hétéroclite n’a pas été organisée . Ce ne semble pas être dans la tradition syndical cgt . D’ailleurs certains, quoiqu’ayant le verbe haut, se sont finalement accommodés de cette direction départementale malgré tous ces défauts et ce pour peu que leur pouvoir dans le syndicat ne fut pas menacé . Quant au temps et au contenu pour le débat il faut remarquer que les intervenants devaient se couler dans le moule prévu (fiches d’intervention préremplie) et partir des thèmes imposés avant d’arriver aux « questions qui fâchent », le tout en 3 minutes. Les trois minutes allouées étant trés souvent perturbées par des interventions « il est temps de conclure » alors que les animateurs s’octroyaient eux des interventions de 5 à 10 minutes sans respecter une quelconque liste d’attente.

Les rares jeunes syndiqués en sortirent dégoutés. La CGT vaut mieux que ça. Mais il ne suffit pas de le dire.

Christian Delarue

membre de la commission exécutive de l’UL CGT de Rennes

*au dire d’un délégué au congrès.

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