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A propos du livre d’André BELLON : « Pourquoi je ne suis pas altermondialiste » Premières impressions de Christian Delarue

mardi 28 février 2006

Animant divers débats sur l’altermondialisme, mon amie Jacqueline D-T d’ATTAC 35 avait déjà cru bon d’attirer mon attention sur le bouquin d’ André BELLON. André est venu à Rennes récemment pour un débat sur le projet de TCE et à cette occasion j’ai enfin acheté son essai intitulé : « Pourquoi je ne suis pas altermondialiste - Eloge de l’antimondialisation ».

Pour ma part, et depuis longtemps, je tiens qu’il faut « tenir les deux bouts » :antimondialisme et altermondialisme. Je partage néanmoins pour une bonne part les thèses de Christophe RAMAUX « Altermondialisme, de quelques questions qui fâchent » (cf site ATTAC). André BELLON aussi , mais nous n’avons pas eu le tempsd’en discuter.

Le titre peut être trompeur car André reconnait ici ou là le mérite de l’altermondialisme. « Il est bon de rassembler ceux qui aspirent à un autre monde, ceux qui s’opposent aux force du capitalisme sans contraintes et du libéralisme le plus inégalitaire qui domine la planète » (p13) ou « Le combat altermondialiste a permis de mobiliser des forces qui autrement s’ignoreraient... » (p27) .Ce n’est pas cependant le seul mérite de l’altermondialisme : le débat sur les institutions internationales - largement méconnu il y a quelques annèes - comme le FMI , la BM et l’OMC (les réformer ou en sortir), sur le rôle des FMN dans le monde et sur les solidarités à construire contre les dégâts qu’elles génèrent participe de cet « autre monde possible », un monde qui n’ignore pas les rapports sociaux et la lutte des classes mais qui les prend en compte, qui pose même la question de quel post-capitalisme nous voulons, au moins pour beaucoup plus à titre de perspective utopique mobilisatrice que comme contenu à débattre. En ce sens tous les alter ne sont pas des « bisounours » (mot d’André employé à propos de la paix en Europe). Mais, certes il y en a : « Il y a, vis-à-vis de la mondialisation, une part de fantasme qui s’appuie sur cette vieille aspiration à la citoyenneté mondiale ». On peut s’engager sur un fantasme mais persévérer ensuite sur des positions politiques au cours de l’évolution du débat...

Le titre est provocateur mais pour permettre la clarification. « On peut craindre, à trop clarifier les enjeux, d’être trop minoritaire, trop isolé ; mais il faut craindre surtout, à vouloir trop rassembler, de ne plus ressembler à rien... » Vieux débat que de se situer : ni opportunisme, ni sectarisme... Avec raison il souligne que « le refus est un des attributs fondamentaux du citoyen, il est et reste un des fondements de la démocratie et de la république » Et André BELLON de citer l’article 2 de la DDHC sur la résistance à l’oppression.

Le titre comme l’ouvrage porte une critique pertinente des thèses de « la mondialisation sauvage » : « Ne peuvent-elles pas être souvent interprétées comme expliquant que si la mondialisation libérale n’était pas sauvage ou si la finance était un peu plus encadrée, on pourrait parfaitement s’accomoder de la mondialisation, même libérale ».

Son sous-titre l’oblige à préciser son antimondialisme : « Je suis antimondialiste. Non par gout ou une attirance particulière pour le passé : je sais, en effet, que les forcesarchaïques, en particulier d’extrême droite, combatteent aussila mondialisation ; je sais que leur valeurs, en particulier leur vision étriquèe et excluante de lanation, sont opposées aux miennes, qu’elles sont profondément réactionnaires. »

Autre point (abordé p 148 ) : Le XXI siècle sera religieux... Ainsi, au commencement de la mondialisation, serait à nouveau le Verbe, c’est-à dire la parole divine,la loi immanente,celle qui est trop complexe pour être discutée ou même analysée .../... Le droit de croire ou de ne pas croire ne pose pas de problème inédit, ni plus important qu’auparavant. Ce qui est neuf dans la question posèe par André MALRAUX, c’est l’espace politique que devrait occuper la religion.../...L’idée même de mondialisation, qu’elle se réfère à Dieu ou à une sorte de panthéïsme,est d’essence transcendantale. Elle impose des règles au-dessus des choix humains ; elle ne considère pas l’homme comme capable de trouver des solutions au défi de l’époque, y compris aux problèmes qu’il a lui-mêmes créés. Dans le cadre d’une mondialisation, l’homme ne peut plus être un citoyen, il n’est qu’un parmi la multitude ; Le concept de bonne gouvernance est issu de cette méfiance à l’égard de l’humain.

L’ouvrage aborde bien d’autres questions : l’impérialime , le peuple (en lutte), l’internationalisme etc..

L’altermondialisme autrement, passant d’abord par le refus ? Nous sommes d’accord avec André BELLON lorsqu’il précise : « Avant toute quête d’un monde différent, il importe de refuser clairement ce processus, ses présupposés, les forces qui le construisent et le dominent. Car la mondialisation n’est au fond qu’une représentation idéologique du monde dont le seul fondement historique véritable est le rôle et la fonction des intérêts économiques et financiers dominants. »

Christian DELARUE Rennes BN et CN du MRAP comm mondialisation CA ATTAC France

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